L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique

de John McTiernan (Etats-Unis)
Avec Arnold Schwarzenegger, Carl Weathers, Elpidoa Carrilo, Bill Duke, Jesse Ventura, Kevin Peter Hall, Sonny Landham


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La genèse de Predator est assez surprenante. L’idée du film serait née d’une blague absurde : un combat au sommet entre Rocky et E.T. ! Lorsque le concept d’un acteur musclé affrontant un alien fut pris un peu plus au sérieux, on envisagea une créature difforme, affublée d’un long cou, d’un faciès canin et d’un œil unique, tandis que le projet porta un temps le titre de « Hunter ». Le film ne prit sa forme définitive qu’avec l’arrivée du réalisateur John McTiernan, des scénaristes Jim et John Thomas, et du concepteur de la créature Stan Winston. Dans un rôle taillé sur mesure, Arnold Schwarzenegger incarne ici le major Dutch Schaeffer, un homme d'action, un soldat d'élite qui a combattu sous toutes les latitudes, à la tête d'un commando spécialisé dans les missions à hauts risques.

Lorsque Predator commence, Dutch et ses hommes sont envoyés en Amérique latine pour sauver trois hommes, otages de la guerilla. Largués dans la jungle, ils exécutent leur mission, mais bientôt ils sentent rôder autour d'eux un ennemi inattendu, une créature invisible, féroce, silencieuse, d'une agilité et d'une puissance terrifiantes, qui entreprend de les détruire un à un. Venu d'une planète lointaine, ce prédateur a en effet choisi la Terre comme terrain de chasse et le commando comme gibier… Etant donné qu’Arnold Schwarzenegger joue ici un rôle très similaire à celui qu'il tenait dans Commando, l'auto-dérision en moins, et comme en outre la première partie du film présente de fortes similitudes avec les Rambo qui triomphaient alors sur les écrans, Predator part d'emblée avec un sérieux handicap : celui du film d'actions guerrières musclé et stéréotypé à outrance.

Mais ce serait oublier que ce bon vieux John McTiernan, un an à peine avant son prodigieux Piège de Cristal, se trouve derrière la caméra. L’efficacité de sa mise en scène repose souvent sur sa stylisation, notamment lorsqu’il joue sur les reports de mise au point, emploie des éclairages très graphiques, ou utilise les arrières-plans comme supports de suspense, un peu à la manière de John Carpenter dans Halloween. L'intérêt du film, cependant, n'apparaît réellement qu'avec l'entrée en scène de l'extra-terrestre, annoncé par un plan prégénérique qui rappelle celui de The Thing (Carpenter toujours). Les capacités de mimétisme du prédateur nous sont décrites par d’extraordinaires effets visuels signés Boss Film, et la créature elle-même est une grande réussite, malgré des attitudes et des postures souvent trop humanoïdes.

Son faciès de crustacé et son armure tribale la transformeront illico en icône du cinéma de SF. C’est l’athlétique Kevin Peter Hall qui endosse le costume animatronique de l’extra-terrestre, après des essais non concluants effectués avec un jeune acteur belge nommé… Jean-Claude Van Damme ! S'il ne peut s'empêcher de glisser dans la bouche de Schwarzenegger quelques répliques gag pour le moins déplacées (la plus improbable étant sans doute « Aiguise-moi ça » adressé à un ennemi dans le ventre duquel il vient de planter un couteau !), le film évite autant qu’il peut la caricature et ne se laisse même pas tenter par la conventionnelle love story qu'on sentait pourtant poindre à l'horizon.


© Gilles Penso

Thema:
Extra-Terrestres
Mar 22 jui 2008 8 commentaires
Bonjour, ce film est une grande réussite grâce à Schwarzenegger (un de ses meilleurs rôles), aux effets spéciaux, à la réalisation haletante et au Predator (pour qui j'ai un faible, eh oui). Bonne journée.
dasola - le 23/07/2008 à 12h19
J'adore ce film tout comme je me prosterne devant McTierman. Et même si ces récents Basic et autres Rollerball ne sont pas à la hauteur de son talent, il reste un p... de réalisateur !!
david martin - le 23/07/2008 à 14h03
CULTISSIME celui la !!! Chais pas ce que j'aime le plus dans ce film, les dialogues bourrés de punchlines cultes ( " s'il peut saigner , on peut l'tuer " ) , les personnages stéréotypés a l'extrême ( le gi joe qui chique et brandit sa sulfateuse tel un énooorme phallus !!! ) ou tout simplement le Predator , ce chasseur implacable et invisible qui colle des sueurs froides au pauvre Billy ... Réalisation nerveuse , montée en puissance parfaitement maitrisée du suspens , persos attachants ( si si !! :p ) , effets spéciaux efficaces, Costume du Predator hallucinnant de simplicité et de beauté ... J'ADORE ce film !!! Le meilleur Mc T avec le 13éme guerrier ! Allez zou j'vais aller me le revoir tiens . " T'as pas une gueule de porte bonheur " ..
Gally - le 23/07/2008 à 16h32
Voici un film culte !! Je le connais par coeur celui-là et ne m'en lasse pas !
Dragonne - le 25/07/2008 à 11h10
bonsoir, juste pour vous dire qu'il y a une erreur dans cet article : John McTiernan n'a pas réalisé Die Hard avant Predator mais 1 an après...
Al - le 26/07/2008 à 00h26
Tout à fait ! Merci d'avoir repéré la coquille. je la répare sur le champ !
Gilles Penso
Film culte qui a été un gros succès en comparaison au second volet.
Sebiwan - le 28/07/2008 à 11h55
Très bonne synthèse. D'un scénario limite simplet (une fois résumé), J. McT. a fait un chef d'oeuvre absolu - exactement les mêmes handicaps que pour Alien et la même intelligence de traitement qui transcende le plot. Mais sans les spécialistes géniaux qui ont créé des E.T. jamais vus, véritables héros de ces films, on pataugeait dans la série B ! Voir sur les suppléments DVD l'allure générale du Predator 1ère version (avant le regretté Stan Winston), c'est à pleurer... Une remarque sur le dialogue-gag épinglé par Gilles Penso : le doublage VF prend des libertés, la réplique d'origine de Schwarzy étant : "stick around!", plus adéquat...
Michael - le 30/07/2008 à 01h04
Mais pourquoi oublie t'on Steve Wang qui a fait un boulot monstrueux sur le Predator? Bref, Predator, c'est le film auquel on ne touche pas! Je l'ai vu gamin, je l'ai maté et rematé un nombre incalculable de fois. C'est un peu comme Conan, c'est la Pierre au fon du jardin, on y touche pas. McT fait un huis clos dans une forêt immense. Son talent de mise en scène éclate ici à chaque plan. You're One Ugly Motherfucker!
maxime - le 03/09/2008 à 22h40