L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique
d'Alex Proyas (Etats-Unis)Avec Brandon Lee, Ernie Hudson, Michael Wincott, David Patrick Kelly, Angel David, Rochelle Davis, Ling Bai, Laurence Mason
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Adapté de la bande dessinée homonyme créée par James O'Barr, The Crow conte la triste destinée d’Eric Draven, chanteur dans un groupe de rock et amoureux fou de la belle Shelly Webster. La veille de leur mariage, tous deux sont sauvagement assassinés. Or, selon une ancienne croyance, l'âme d'un défunt est conduite par un corbeau au pays des morts. Et parfois, lorsque cette âme n'est pas en paix, le corbeau la ramène pour qu'elle rétablisse le bien. Ainsi, un an après le drame, le corbeau ramène Eric à la vie… Un peu en rupture avec la production fantastique de son époque, The Crow est un film noir et mélancolique, évacuant pratiquement tout humour pour nous conter les exploits désespérés d'un super-héros de bande dessinée revenu d'entre les morts pour une vengeance d'outre-tombe, sous la forme d'un clown funèbre vêtu de noir.
Une indéniable poésie visuelle se dégage des magnifiques images du film, véhiculée notamment par le corbeau alter ego du héros qui ne cesse de traverser le ciel toujours noir de cette cité lugubre et pluvieuse aux allures de Gotham City. « Mon inspiration sur The Crow vient surtout de la bande dessinée de laquelle est tirée le film », nous explique Alex McDowell, le créateur des somptueux décors « Le choix d’une palette quasi-monochrome était en accord avec le dessin noir et blanc du comic-book, et l’atmosphère du film est inspirée du centre ville de Détroit, où se situe l’histoire écrite et dessinée par James O’Barr. » (1) Pour un réalisateur pratiquement débutant, Alex Proyas s'avère particulièrement doué, et ses influences transparaissent parfois à travers les scènes d'action violentes et les gunfights, évoquant tour à tour Russel Mulcahy et John Woo.
Brandon Lee apporte tout le charisme, l'agilité, la tristesse et la beauté nécessaires à ce héros plus noir que le Batman de Tim Burton. Son allure de clown triste, partiellement inspiré par le look du chanteur Robert Smith des Cure, fait écho à un autre personnage de Burton, Edward aux Mains d'Argent, mais la haute stature et la souplesse aérienne du fils de Bruce Lee se démarquent du pantin maladroit aux doigts métalliques incarné par Johnny Depp. Face à Brandon Lee, Michael Wincott s'avère une fois de plus taillé sur mesure dans le rôle d'un méchant vraiment digne de ce nom, sa voix rauque et son visage de rapace ayant déjà fait leur preuve dans 1492 de Ridley Scott et Les Trois Mousquetaires de Stephen Herek.
Le climax de The Crow, sous forme d'un affrontement bon/méchant sur les toits de la ville, semble un peu obéir aux conventions du genre, mais le film s'achève en toute beauté, sur une jolie réplique fermant la boucle du récit : « Si les gens que nous aimons nous sont enlevés, le seul moyen de les garder en vie est de ne jamais cesser de les aimer. Les immeubles brûlent, les gens meurent, mais le véritable amour dure toujours. » Le message est d’autant plus touchant que Brandon Lee mourut pendant le tournage du film, suite à un accident malencontreux brisant net l’envol d’une carrière qui s’annonçait pleine de promesses. Avec l’accord de sa famille, Alex Proyas fut donc contraint d’effectuer quelques tours de magie numériques pour intégrer le comédien dans les scènes qu’il n’avait pas encore eu le temps de tourner, complétant ainsi son film-testament.`
(1) propos recueillis par votre serviteur en juillet 2005
© Gilles Penso
Thema: Fantômes, Super-Héros
Lun 28 jui 2008
4 commentaires
Cultissime celui la , d'abord a cause de la mort de Brandon Lee qui a tristement auréolée ce film et ensuite a cause de la maestria avec laquelle Proyas a rendu hommage au fabuleux comic book de James O Barr ...
La vengeance d'Eric est implacable même si un poil saoulante quand il se met a faire la leçon a la mére de la gamine , le côté Ange Moralisateur m'a franchement agacée ...
Pour le reste y'a rien a redire , Shelly et Eric forment un couple fabuleusement attachant , assister a la destruction de leur bulle est déchirant , la renaissance douloureuse d'Eric au son de Burn des Cure est ..
Terrible T_T
L'ambiance est déprimante et glauque a souhait dans ce film qui dépeint une ville ou on a franchemenht pas envie de mettre les pieds ...
L'autre point fort de ce film selon moi c'est la présence du trop rare Michael wincott ( je me revois souvent Alien 4 rien que pour lui ) qui incarne sobrement le boss des méchants pas beaux qui seront tous éliminés par ce cher Eric ...
Inutile de voir les suites , The Crow se suffit a lui même , il est difficile voire impossible de donner du crédit a ces suites quand on sait que O Barr parle de sa propre histoire via The Crow , y'a un côté intimiste dans cette histoire qui me touche beaucoup et ne me donne pas envie de voir Vincent Perez jouer aux vengeurs ...
Gally - le 28/07/2008 à 21h29
C'est un excellent film en effet, le traitement de l'image est remarquable. On pourrait même en arriver parfois, notamment lors des scènes sous la pluie, à se demander si il s'agit d'un film ou d'image de bande dessinée...
Anne-Laure - le 06/08/2008 à 13h36
J'ai aimé ce film, mais LE film d'Alex Proja pour moi, c'est sans contestation Dark City.
Arnaud - le 13/10/2008 à 08h47
Tout à fait d'accord !
Gilles Penso
Très bon Film, Acteur top et une BO au petit oignon.
Quelqu'un saurait-il me dire les scènes qui ont été tourner après la mort du comédien ?
Bruce - le 16/12/2008 à 18h17