L'Encyclopédie du Cinéma Fantastique

de John Boorman (Grande-Bretagne)
Avec Nigel Terry, Gabriel Byrne, Helen Mirren, Nicholas Clay, Nicol Williamson, Cherie Lunghi, Liam Neeson, Paul Geoffrey


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Après Délivrance, L’Exorciste 2 et Zardoz, John Boorman se mit en tête d’adapter « Le Seigneur des Anneaux ». Dans l’incapacité d’en récupérer les droits, il se tourna vers les légendes arthuriennes, et si son Excalibur est une adaptation fidèle du classique « La Morte Darthur » de Sir Thomas Malory, l’influence de Tolkien y est palpable. Somptueux d’un bout à l’autre, magnifiquement mis en lumière par Alex Thomson et en musique par Trevor Jones, le huitième long-métrage de Boorman choisit comme pivot le personnage de Merlin (Nicol Williamson), un magicien qui fait alterner les discours sentencieux et le cynisme désabusé. Au service du roi Uther Pendragon (Gabriel Byrne), il lui remet la mythique épée Excalibur et lui permet de prendre l’apparence du duc de Cornouailles pour abuser de son épouse Igraine (Katrine Boorman).

De cette union naît Arthur, que Merlin enlève en déclarant : « l’avenir a pris racine dans le présent ». Pris dans une embuscade, Uther plante Excalibur dans un rocher avant de mourir. Dès lors, la prophétie annonce que celui qui retirera l’épée de la pierre deviendra roi. Des années plus tard, des tournois s’organisent pour que le vainqueur gagne le droit d’essayer d’arracher Excalibur à son socle naturel. Nul n’y parvient, jusqu’au jour où le jeune écuyer Arthur (Nigel Terry) ne la retire accidentellement du rocher. Proclamé roi, Arthur épouse Guenièvre (Cherie Lunghi) et fait bâtir le château Camelot avec sa fameuse table ronde. La paix et l’harmonie reviennent dans le royaume, mais Merlin recommande une certaine prudence : « Le bien est indissociable du mal », dit-il. Le trouble couve en effet sous l’apparat de la sérénité.

Tandis que Guenièvre tombe amoureuse du chevalier Lancelot (Nicholas Clay), Morgane (Helen Mirren), demi-sœur d’Arthur, s’intéresse de près à la magie de Merlin et rêve de « trouver un homme pour enfanter un dieu ». Utilisant la même ruse qu’Uther, elle s’accouple avec Arthur et donne naissance à un fils, Mordred. Arthur en ressort affaibli, et donne à ses chevaliers comme ordre ultime de retrouver le Graal. Tous échouent, sauf Perceval (Paul Geoffrey) qui continue la quête coûte que coûte. Entre-temps, Mordred (Robert Addie) devient un homme et réclame le trône, tandis que la terreur et la misère s’emparent du royaume. Lorsque Perceval trouve enfin le Graal et le porte aux lèvres de son roi, l’espoir revient, et la dernière bataille se prépare…

On ne compte plus les séquences de pure magie qui émaillent Excalibur : l’épée étincelante qui surgit des eaux, le cheval d’Uther qui galope sur une mer de brume, l’apparition de la Dame du Lac, Lancelot affrontant son double, Morgan et Merlin pénétrant dans la caverne du dragon, l’arbre aux pendus, le duel final devant la lune rouge sang… Quant à la chevauchée d’Arthur aux accents emphatiques du Carmina Burana, c’est une de ces fusions sublimes entre la musique classique et le spectacle cinématographique comme il en existe peu, comparable au « Zaratoustra » de 2001 ou aux Valkyries d’Apocalypse Now. « Je ne suis pas né pour être un homme mais pour être le tissu de la mémoire future » déclare Arthur au cours du dénouement. On pourrait en dire autant du film tout entier, tant il marqua les mémoires.


© Gilles Penso

Thema: Heroïc Fantasy

Lun 10 nov 2008 5 commentaires
un grand film y'a pas à dire.. je l'ai bien vu trois ou quatre fois !
jeangs - le 11/11/2008 à 00h28
Je me rappelle avec plaisir lorsqu'Arthur chevauche "le souffle du dragon"... On dirait que le mot "lyrique" a été inventé pour ce film !
Sycophante - le 11/11/2008 à 16h15
Il a peut-être marqué les mémoires mais je trouve qu'il a très mal vieilli, je dirais même qu'aujourd'hui, c'est un nanar qui fait rire !
SBM - le 12/11/2008 à 22h39
Au contraire, il fait partie de ces films qui défient le temps tellement ils ont été intelligemment conçus. Dès le choix du scénario (je crois que Boorman s'est appuyé sur les romans de Thomas Mallory), on sent que le réalisateur a soigneusement sélectionné ses angles d'approche d'un mythe particulièrement dense et fondateur. La méticulosité apportée à la photo et à l'adéquation entre la musique et des séquences purement enchantées fait plaisir à voir : comment ne pas vibrer à l'unisson des notes des Funérailles de Siegfried par Wagner lorsque Arthur brandit Excalibur ? Comment demeurer insensible à ce déferlement d'images éthérées où les notions de temps et d'espace se dissipent (où des chevaliers en armure du XVe siècle évoluent dans un monde proche des Grandes Invasions). Excalibur fait partie des très grandes réussites du cinéma, et demeurera pour très longtemps indétrônable au panthéon des films d'heroic fantasy. Dans un autre genre, le Conan de Milius est tout aussi bien pensé et cohérent.
Vance - le 15/11/2008 à 08h25
ben pour moi, ça reste un nanar complètement dépassé !
SBM - le 20/11/2008 à 13h02