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« Il y a plus de force dans le démon qui habite ces corolles
que dans l’antre d’un nécromant. »
(Lazarin de Montabello, "Le Serment de l’Infante")


Par définition, un végétal est un être vivant qui se distingue des animaux par son manque de faculté à se mouvoir, sa nutrition et son mode de reproduction. Bien entendu, le cinéma fantastique n’a pas attendu bien longtemps pour bouleverser les lois élémentaires de la botanique afin de doter les végétaux d’une intelligence, d’une capacité de se déplacer et d’une voracité dignes de les faire figurer en bonne place au sein d’un bestiaire imaginaire déjà bien fourni. Certes, la nature compte déjà quelques spécimens surprenants parmi les 600 espèces de plantes carnivores répertoriées à ce jour. Capables de capturer et de digérer toutes sortes de proies – insectes, arachnides, mollusques, batraciens, rongeurs – elles poussent sous toutes les latitudes, y compris sous l’eau, et développent des pièges variés : mâchoires articulées, poils gluants, outres aspirantes…

Mais aucune n’a encore réclamé de sang humain, ne s’est mise à marcher pour attaquer ses proies, n’a aspiré ses victimes sous le sable d’une plage ou n’a rampé sous la peau de ses victimes pour en aspirer le suc vital, comme les plantes anthropophages de
La Petite Boutique des Horreurs, La Révolte des Triffides, La Plage Sanglante et Les Ruines. Sans parler des ronces et des racines démoniaques qui n’hésitent pas à violer de malheureuses jeunes filles, comme dans Evil Dead ! Pour expliquer ce comportement contre-nature, les scénarios vont parfois chercher outre espace l’origine du mal. C’est le cas des cosses de haricots géantes imitant les êtres humains dans L’Invasion des Profanateurs de Sépultures ou de la météorite muant un infortuné fermier en absurde amas de végétation dans Creepshow. D’autres fois, les mutations génétiques créent d’étranges phénomènes, comme l’homme-plante de La Créature du Marais ou les fruits agressifs de L’Attaque des Tomates Tueuses !

A ces aberrations végétales, il faut associer les arbres qui, non contents de matérialiser parfois les terreurs enfantines (comme dans un mémorable passage de
Poltergeist), n’hésitent pas à adopter des attitudes monstrueusement anthropomorphes pour agresser les humains (dans La Nurse, Evil Dead 2, From Hell It Came ou Les Amours d’Hercule). Fort heureusement, tous ne sont pas du même bois, et l’on compte quelques spécimens d’arbres humanoïdes bienveillants luttant aux côtés des hommes contre les forces maléfiques. Les récits d’héroïc fantasy tels que Le Seigneur des Anneaux : les Deux Tours ou Le Monde de Narnia : le Prince Caspian en montrent les exemples les plus spectaculaires.


FILMS CHRONIQUÉS:
1960:
La Petite Boutique des Horreurs de Roger Corman
1960: 
Les Amours d'Hercule de Carlo Ludovico Bragaglia
1962:
La Révolte des Triffides de Steve Sekely
1980: La Plage Sanglante de Jeffrey Bloom

1981: Evil Dead de Sam Raimi
1982:
La Créature du Marais de Wes Craven
1982: Poltergeist de Tobe Hooper
1983:
Creepshow de George Romero
1987: Evil Dead 2 de Sam Raimi
1989: Le Retour de la Créature du Lagon de Jim Wynorski
1990:
La Nurse de William Friedkin
2002: Le Seigneur des Anneaux: Les Deux Tours de Peter Jackson
2003:
Le Seigneur des Anneaux: Le Retour du Roi de Peter Jackson
2005: Mortuary de Tobe Hooper
2007:
Invasion d'Oliver Hirschbiegel
2008: 
Les Ruines de Carter Smith
2008:
Phénomènes de M. Night Shyamalan
2008: Le Monde de Narnia: Le Prince Caspian d'Andrew Adamson
2008: Voyage au Centre de la Terre 3D de Eric Brevig
2008: Hellboy 2 de Guillermo del Toro
2008: Shrooms de Paddy Breathnach

2013: Evil Dead de Fede Alvarez