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« On peut espérer que, lorsqu'ils seront les maîtres du monde,
les insectes se souviendront avec reconnaissance que nous les avons plutôt bien nourris lors de nos pique-niques. »
(Colette)


800 000 espèces d’insectes différents peuplent la terre. Et ce chiffre ne cesse de croître, au fil des découvertes effectuées chaque année par les entomologistes. La force, le déterminisme, l’organisation et l’incroyable capacité d’adaptation des insectes troublent l’homme depuis toujours. Le fait que ces créatures existent depuis que les dinosaures foulèrent la terre et nous survivront très probablement a quelque chose de terriblement fascinant, preuve que la taille ne fait pas tout. Leur organisme mute pour pouvoir affronter les insecticides les plus virulents, les catastrophes nucléaires ne les affectent pas tous, ils peuplent tous les continents, leur prolifération est hallucinante, et l’homme les considère souvent comme des parasites à éradiquer au plus tôt – sans succès la plupart du temps.

Les cafards continuent donc à ramper dans les caves, les poux à sauter sur les têtes, les fourmis à établir leurs colonies, les termites à manger le bois et les moustiques à sucer le sang. Autres invertébrés, les crabes et les crustacés, dont le corps est recouvert d’un exo-squelette rigide, frappent également l’imagination par leurs faciès extra-terrestres, leurs pattes multiples et leurs pinces effrayantes. Peu à peu, ces petites bêtes ont stigmatisé nos angoisses et ont acquis le statut de monstres cinématographiques de premier ordre. Propices au traumatisme nucléaire, les insectes ont souvent atteint des proportions alarmantes dans les films de science-fiction des années 50, les fourmis géantes de
Them ! ayant quasiment créé un sous-genre à part entière.

Dans les années 70, la prise de conscience écologique fit prendre aux monstres insectoïdes une autre tournure, préférant le nombre à la taille et les dotant d’une inquiétante intelligence, tels les cafards des Insectes de Feu ou les fourmis de
Phase IV. Les années 80 muèrent les insectes en métaphores des pires maladies dégénérescentes, comme pour la terrifiante Mouche de David Cronenberg qui semble faire écho à « La Métamorphose » de Kafka. Puis vinrent les monstres génétiques des années 90 et 2000 (Ticks, Mimic, Infested). Chaque décennie s’est donc servie des insectes et des invertébrés pour symboliser les préoccupations humaines, preuve que l’homme et ses voisins arthropodes sont étroitement liés, pour le meilleur et pour le pire.

© Gilles Penso

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FILMS CHRONIQUÉS:
1953: Des Monstres Attaquent la Ville de Gordon Douglas
1957:
L'Attaque des Crabes Géants de Roger Corman
1958:
La Mouche Noire de Kurt Neumann
1973:
Phase IV de Saul Bass
1983:
Creepshow de George Romero
1984:
Indiana Jones et le Temple Maudit de Steven Spielberg
1985: Phenomena de Dario Argento
1986: La Mouche de David Cronenberg
1987:
Prince des Ténèbres de John Carpenter
1989:
Tremors de Ron Underwood
1996:
L'Appartement de Joe de John Payson
1998: 
Starship Troopers de Paul Verhoeven
2004:
Godzilla Final Wars de Ryuhei Kitamura
2007:
The Mist de Franck Darabont
2008:
Cloverfield de Matt Reeves
2008:
Super-Héros Movie de Craig Mazin
2008:
Indiana Jones et le Royaume du Crâne de Cristal de Steven Spielberg