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« La mythologie est souvent considérée comme étant la religion “des autres” alors que la religion peut être définie comme étant de la mythologie mal interprétée. » (Joseph Campbell)


La mythologie grecque puise son inspiration dans des mythes plus anciens, remontant aux civilisations néolithiques, sumériennes et assyriennes. Ce qui ressemble à un enchevêtrement de contes naïfs gorgés de dieux frivoles et de monstres excentriques cache en réalité un univers complexe dont les résonances sont encore très présentes. Les Grecs anciens imaginaient à leur manière le Big Bang : un Chaos duquel émergeaient deux entités matricielles, le Ciel (Ouranos) et la Terre (Gaïa). De leur union naissait une ribambelle de monstres primitifs desquels descendaient des générations de créatures de plus en plus évoluées, jusqu’aux dieux et aux hommes.

Toutes imagées et fantaisistes qu’elles soient, les croyances des Grecs n’étaient finalement pas si éloignées des théories de Darwin. Scientifiques aguerris et grands voyageurs, ils n’hésitaient d’ailleurs pas à étayer leurs convictions à partir de découvertes tangibles, comme ce crâne de mammouth qu’ils attribuèrent à un cyclope (l’orifice nasal ressemblant à un orbite unique et les défenses à des crocs démesurés). D’ailleurs, les créatures antiques qui s’agitent dans les cieux antiques n’étaient pas de simples affabulations mais le miroir de la société grecque de l’époque. Les dieux étaient le reflet exacerbé des hommes eux-mêmes et les monstres mi-humains mi-animaux traduisaient la lutte éternelle entre l’humanité et la bestialité (le Moi et le Ça en quelque sorte). Les Romains finirent par s’emparer des mythes grecs qu’ils reprirent quasiment à la lettre, se contentant la plupart du temps de changer le nom des personnages (Héraclès devint Hercule, Zeus fut rebaptisé Jupiter, Aphrodite s’appelait désormais Vénus).

Avec l’avènement du christianisme, la mythologie s’est peu à peu estompée jusqu’à disparaître au profit de la Sainte Trinité. Mais son héritage est incroyablement vivace. Le langage populaire y a puisé moult expressions, le théâtre y a trouvé matière à maintes tragédies, la psychanalyse en a fait son cheval de bataille et les auteurs de bandes dessinées en ont tiré des super-héros colorés. En toute logique, c’est en Italie que sont nés les premiers films d’inspiration mythologique. Alors que le néo-réalisme battait son plein, Pietro Francisci dirigea
Les Travaux d’Hercule et remporta un succès colossal. Jusqu’alors historique (Spartacus) ou biblique (Les Dix Commandements), le péplum ajoutait une nouvelle corde à son arc, malmenant avec panache les grands mythes de l’Antiquité.

© Gilles Penso

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FILMS CHRONIQUÉS:
1957:
Les Travaux d'Hercule de Pietro Francisi
1960:
Les Amours d'Hercule de Carlo Ludovico Bragaglia
1963: Jason et les Argonautes de Don Chaffey
1981: Le Choc des Titans de Desmond Davis
2005: Le Monde de Narnia: Le Lion, la Sorcière Blanche et l'Armoire Magique d'Andrew Adamson
2006: Kraken, le Monstre des Profondeurs de Tibor Takacs
2007: Sa Majesté Minor de Jean-Jacques Annaud
2008: Le Monde de Narnia: Le Prince Caspian d'Andrew Adamson
2010: Percy Jackson le voleur de Foudre de Chris Columbus

2010: Le Choc des Titans de Louis Leterrier

2011: Les Immortels de Tarsem Singh

2012: La Colère des Titans de Jonathan Liebesman

2013: Percy Jackson : la Mer des Monstres de Thor Freundenthal