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« L’araignée s’avançait vers lui parmi les taches d’ombre, tricotant furieusement de ses pattes immenses.
Son corps ressemblait à un œuf noir, gigantesque et luisant. »
(Richard Matheson,
"L’Homme qui Rétrécit")


Avec ses huit pattes velues, ses mandibules articulées, ses huit yeux noirs, sa toile visqueuse et ses crochets venimeux, l’araignée répond à tous les critères d’un monstre de film d’horreur. Locataire de notre planète depuis trois millions d’années, cet arthropode cousin des tiques et des scorpions compte plus de cinq mille espèces distinctes réparties sur la totalité du globe. Outre la réaction répulsive que l’araignée provoque chez de nombreux êtres humains, les pièges qu’elle tend et la technique qu’elle adopte pour tuer ses proies suscitent généralement un dégoût certain. Car cette charmante prédatrice injecte généralement du venin mais aussi des sucs digestifs à l’intérieur du corps des victimes qui tombent dans sa toile, les liquéfiant peu à peu jusqu’à les muer en « soupe » gluante qu’elle n’a plus ensuite qu’à aspirer !

Fatal pour les insectes, le venin des araignées l’est rarement chez l’homme, à l’exception de celui d’une poignée d’espèces comme la fameuse veuve noire. Mais la morsure de certaines d’entre elles, notamment les mygales et les tarentules, peut s’avérer fort douloureuse. Répulsion et dégoût se doublent donc souvent d’une frayeur en partie fondée. Si les symbolistes et les théologiens voient volontiers l’araignée comme une divinité positive tisseuse de destins, les psychanalystes imaginatifs lui attribuent plutôt le rôle du Ça, autrement dit la bête qui sommeille en chacun de nous, la part animale et noire de notre personnalité. Et ce n’est pas un hasard si elle joue exactement ce rôle dans Dr Jekyll et Mr Hyde de John Robertson et Ça de Tommy Wallace, au cours de furtives mais marquantes apparitions.

Les araignées sont intervenues de manière mémorable dans bon nombre d’œuvres fantastiques en tous genres (La Mouche Noire de Kurt Neuman, L’Au-Delà de Lucio Fulci, Krull de Peter Yates, La Foire des Ténèbres de Jack Clayton, Spider-Man de Sam Raimi, Harry Potter et la Chambre des Secrets de Chris Columbus, Le Retour du Roi de Peter Jackson), mais elles ont aussi eu droit à une filmographie qui leur est entièrement consacrée. Celle-ci se partage entre deux catégories : les araignées géantes, suivant la vogue des insectes gigantesques initiée par Des Monstres Attaquent la Ville de Jack Arnold, et les arachnides de taille normale mais à la férocité exacerbée, s’inscrivant dans les attaques animales diverses popularisées par Les Oiseaux d’Alfred Hitchcock. Autant de visions de cauchemars qui, selon les films, alternent entre l’horreur pure et le grotesque accompli.

© Gilles Penso

 


INDEX DES FILMS CHRONIQUÉS :
1955: Tarantula de Jack Arnold
1958: La Mouche Noire de Kurt Neumann
1975: L'Invasion des Araignées Géantes de Bill Rebane
1977: L'Homme Araignée de B.W. Swackhamer
1977: L'Horrible Invasion de John "Bud" Cardos    
1978: La Riposte de l'Homme-Araignée de Ron Satlof
1981: L'Au-delà de Lucio Fulci
1990: Arachnophobie de Frank Marshall
2000: Spiders de Gary Jones
2002: Arac Attack d'Ellory Elkayem  
2002: Harry Potter et la Chambre des Secrets de Chris Columbus
2002: Spider-Man de Sam Raimi
2003: Spider-Man 2 de Sam Raimi
2003: Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi de Peter Jackson
2004: Godzilla Final Wars de Ryuhei Kitamura
2005 : King Kong de Peter Jackson
2007: Spider-Man 3 de Sam Raimi
2007:
The Mist de Frank Darabont

2012: The Amazing Spider-Man de Marc Webb

2013: Spiders 3D de Tibor Takacs

2013: Le Hobbit, la Désolation de Smaug de Peter Jackson