Partager l'article ! théma: DIABLES ET DÉMONS: « Dieu a créé l’aliment. Le diable, l’assaisonnement. » (James Joyce) L’ ...
L’Ancien Testament n’était pas aussi manichéen que le nouveau. A l’origine, Dieu était en effet à la fois en charge du bien et du mal, assisté dans sa besogne d’une armada d’anges servant
d’intermédiaire entre lui et les humains. Sa bonté intrinsèque ne l’empêcha pas, par exemple, de tenter Eve par l’entremise d’un serpent ou d’accabler Job de malheurs, histoire d’éprouver la foi
de ses mortelles créatures. En inventant le diable, les Chrétiens répartirent les choses avec bien plus de simplicité. Précipité en Enfer, cet ange chassé des cieux entraîna dans sa chute
d’autres anges, transformés dès lors en démons.
Le diable a plusieurs visages et autant de nom, dans la mesure où il représente à lui seul les sept péchés capitaux chers au catéchisme. On le nomme donc non seulement Satan (mot hébreu que l’on
pourrait traduire par « adversaire », et qui symbolise la colère), mais aussi Mammon (l’avarice), Leviathan (l’envie), Belzébuth/Béhémoth (la gourmandise), Asmodée (la luxure), Lucifer/Belial
(l’orgueil) ou encore Belphégor/Astaroth (la paresse).
Le christianisme appréciant fort peu la concurrence, il n’était pas question de laisser cohabiter les dieux païens de l’Antiquité avec le Tout Puissant. Les attributs des divinités gréco-romaines
furent donc assimilés à la notion de péché et vinrent enrichir l’imagerie du Diable. Ce dernier hérita notamment des cornes de Bacchus, des pattes de bouc de Pan, de la demeure infernale d’Hadès.
Quant aux fêtes dionysiaques, il ne leur fallut pas longtemps pour se transformer en sabbat des sorcières. Les récits mettant en scène le diable sont généralement liés à trois thématiques
principales : la tentation, la possession et la filiation. La tentation trouve son illustration la plus célèbre dans la légende de Faust, inspirée d’un astrologue allemand du 16ème siècle. Le
romancier Johann Spies, les dramaturges Marlowe et Goethe, puis les compositeurs Berlioz et Gounod en tirèrent des œuvres marquantes, centrées sur le pacte qu’un savant passe avec le Diable,
échangeant quelques années de bonheur terrestre contre une éternité de damnations.
Le cinéma s’y intéressa à son tour, notamment par l’entremise du Faust de Murnau, de La Beauté du Diable de René
Clair ou de L’Associé du Diable de Taylor Hackford. La possession diabolique, chère aux théologiens chrétiens, fit pour sa part l’objet du célèbre roman «
L’Exorciste » de William Peter Blatty, aussitôt mué en classique du cinéma d’horreur par William Friedkin, puis repris par une foule d’imitateurs (on peut citer La Maison de l’Exorcisme ou L’Exorcisme d’Emily Rose). Quant à la filiation, elle fait prédominer la figure de l’antéchrist,
fils de Satan promettant à la Terre un destin apocalyptique. C’est Rosemary’s Baby de Roman Polanski (d’après le roman d’Ira Levin), puis la trilogie
La Malédiction qui en proposèrent les plus fameuses adaptations cinématographiques.
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