Partager l'article ! théma: ESPIONNAGE ET SCIENCE-FICTION: « J’aurais voulu être espion, mais il fallait avaler des microfilms et mon médeci ...
De quoi la vie quotidienne des agents du MI-6, du Mossad, de la C.I.A., de la D.G.S.E., de la Direction du Renseignement Militaire, du FBI ou de la DST est-elle faite ? Le secret qui entoure les
activités des espions internationaux a toujours fasciné le public, à tel point qu’il ne fallut pas beaucoup d’efforts pour imaginer très tôt des aventures abracadabrantes dépassant de loin le
cadre de la réalité. Certes, plusieurs romans se sont efforcés de décrire le plus fidèlement possible les hauts-faits de ces agents du gouvernement, notamment ceux que John le Carré publia dans
les années 60 (« Le Tailleur de Panama », « L’Espion qui Venait du Froid », « La Maison Russie »), et une poignée de films suivirent la même voie, optant pour un traitement réaliste et
plausible.
Après tout, les véritables agents secrets sont généralement des fonctionnaires discrets dont les principales qualités ne sont pas un héroïsme démesuré et un penchant pour l’action, le luxe et les
gadgets, mais plutôt la minutie, l’observation, l’érudition et la psychologie. Mais le cinéma s’est principalement consacré à donner des espions une vision fantasmée, avec en guise de mètre
étalon le plus fameux des agents secrets que la fiction nous ait offert : le commander James Bond. Les aventures de ce héros imaginé en 1953 par Ian Fleming s’inscrivent pleinement dans un cadre
fantastique, celui d’une mythologie moderne. Comment pourrait-il en être autrement avec un protagoniste dépassant largement le statut d’être humain traditionnel pour se muer en icône atemporelle
capable de traverser sans ride les grandes périodes de l’histoire du monde depuis près de quarante-cinq ans de bons et loyaux services sur les écrans du monde entier ?
A ce caractère proprement emblématique, les films dédiés à l’agent 007 ajoutent une forte dose de science-fiction, à travers des gadgets high-tech, des véhicules futuristes, des super-vilains
hauts en couleur aux desseins hégémoniques et des inventions délirantes. On ne compte plus les sagas cinématographiques inspirées par James Bond (Austin Powers, Matt Helm, Spy Kids) ou adaptant des séries télévisées dérivées de son univers (Mission Impossible, Charlie’s
Angels). La plupart d’entre elles reprennent à leur compte son futurisme, ses extrapolations politiques et ses technologies imaginaires. Car à l’écran, force est de constater
qu’espionnage et science-fiction font résolument bon ménage.
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