Partager l'article ! théma: LES DINOSAURES: « Dieu crée les dinosaures. Dieu tue les dinosaures. Dieu crée l’homme. L’homme tue Dieu. ...
Il y a 150 ans, l’homme apprenait avec stupeur qu’il avait été précédé, dans la domination de la Terre, par d’innombrables et gigantesques variétés de reptiles qui assurèrent sur la planète une
suprématie de 140 millions d’années. La découverte progressive de leurs restes fossilisés amena les paléontologues, au cours de laborieux exercices de déductions, à reconstituer l’incroyable
morphologie de ces animaux. En 1841, l’anatomiste Richard Owen leur donna le nom imagé de « Terribles Lézards », qui se traduisait en grec par « Dinosaures ». Dès lors, l’imagination des artistes
populaires s’enflamma ; dessinateurs, sculpteurs et écrivains trouvèrent là une intarissable source d’inspiration.
Il était inévitable que le cinéma reprenne lui aussi à son compte ces monstres qui avaient l’inestimable mérite d’avoir vraiment existé. Car la fascination que représentent les dinosaures depuis
un siècle et demi s’explique probablement par le fait que ces reptiles aux proportions si souvent gigantesques et aux morphologies si surprenantes ne sont pas le fruit d’imaginations fertiles ni
de mythologies fantasques, mais appartiennent à une réalité tangible, scientifiquement démontrée. Contempler une forêt ou une vallée de n’importe quel point de la planète et imaginer que de
monstrueux sauriens s’y promenaient en toute liberté il y a quelques millions d’années a de quoi troubler les esprits les plus cartésiens.
Dès l’aube du Septième Art, les dinosaures se sont donc mis à fleurir sur les écrans du monde entier, suivant invariablement trois figures de style distinctes : les continents oubliés peuplés de
survivants miraculeux de l’ère secondaire (Le Monde Perdu, La Vallée de Gwangi, Le Sixième Continent), les visions uchroniques d’époques préhistoriques
fantasmées au cours desquelles des pin-up en peau de bête cohabitent avec des reptiles géants agressifs (Un Million d’Années Avant JC, Quand les Dinosaures Dominaient le Monde, L’Homme Préhistorique) ou les monstres
antédiluviens confrontés à la civilisation moderne (Le Monstre des Temps Perdus, Godzilla, Jurassic Park). Chaque fois, les
effets spéciaux les plus élaborés du moment sont mis à contribution, du simple figurant costumé aux images de synthèse en passant par les figurines animées image par image, les reptiles agrandis
à l’écran ou les créations mécaniques grandeur nature. Une chose est sûre : au cinéma, les dinosaures sont loin d’être une espèce en voie de disparition.
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