Partager l'article ! théma: LES ENFANTS: « Personne ne saura jamais si les enfants sont des monstres ou si les monstres sont des enfants. ...
« Nous nous sentons mal à l’aise à l’idée que, de temps en temps, nous apparaissons à nos enfants comme des géants menaçants… ce que nous sommes bel et bien dans la réalité », affirme Bruno
Bettleheim dans sa célèbre « Psychanalyse des Contes de Fée ». C’est indéniable. Mais à l’inverse, l’enfant peut facilement révéler des comportements sur lesquels l’adulte n’a pas beaucoup de
prises. Ces petits êtres en mutation permanente, chez qui les notions de bien et de mal n’ont pas encore été clairement établies, et dont le cerveau et l’intellect se développent indépendamment
de l’influence parentale, sont des individus souvent insaisissables. Cette part d’inconnu fascine les cinéastes, qui aiment parfois bousculer les clichés et transgresser les tabous pour associer
l’enfance à la monstruosité.
Ce n’est sans doute pas par hasard que les films de fantômes et les histoires d’antéchrist choisissent volontiers des créatures en bas âge pour terrifier leurs spectateurs. D’où l’impact d’œuvres
telles que L’Enfant du Diable, La Malédiction ou Dark Water. Généralement, les scénaristes cherchent des causes
surnaturelles ou science-fictionnelles pour justifier les actes immoraux de leurs inquiétants bambins : une origine extra-terrestre (Le Village des Damnés), une malformation génétique (Le Monstre est Vivant,
Chromosome 3, Baby Blood), une possession démoniaque (Les Démons du
Maïs, Une Si Gentille Petite Fille) voire carrément une contamination radioactive (De Si Gentils Petits Monstres).
Mais parfois, l’enfance maléfique ne traîne aucune explication dans son sillage et n’en est que plus affolante. C’est le cas dans La Mauvaise
Graine, Benny's Video
ou Joshua, où la diabolique intelligence du monstre en culottes
courtes l’emporte largement sur celle de l’adulte et le précipite immanquablement vers le chaos. L’horreur n’est cependant pas le seul traitement possible d’une enfance transfigurée et
fatasmagorique, comme le prouvent des œuvres telles que Le Garçon aux Cheveux Verts, Les Enfants des Damnés, Bunny Lake a Disparu ou encore Le Tambour.
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