Partager l'article ! théma: LES ZOMBIES: « Pourquoi les morts ne vivraient-ils pas ? Les vivants meurent bien. » (Chaval) ...
Le zombie est un monstre d’autant plus terrifiant qu’il transgresse bon nombre de lois établies par les connaissances humaines. Il contredit la notion de repos éternel enseignée dans toutes les
religions. Il réfute le caractère définitif du décès établi pourtant par la médecine et la science. Il témoigne d’une inquiétante porosité entre deux univers pourtant à priori incompatibles, le
monde réel et l’au-delà. Cet effrayant triptyque existe certes déjà chez le fantôme, la momie ou le vampire. Mais le zombie apporte un élément transgressif supplémen-taire : il renvoie à l’homme
l’image physique de sa propre mort, s’établissant comme un reflet immonde et décomposé de l’être humain, atroce caricature décrépie et pourtant animée d’une vie mécanique et animale.
« Oui, tu es poussière et à la poussière tu retourneras » affirme la Genèse. « Tu reviendras d’entre les morts sous forme de cadavre ambulant » répond le cinéaste spécialisé dans l’horreur ! Si
le zombie est de prime abord rattaché aux rites vaudou censés faire revenir d’outre-tombe les trépassés pour les punir ou les muer en esclaves dociles et efficaces, les écrivains et scénaristes
de science-fiction les ont surtout utilisés pour illustrer les expériences irresponsables de maints savants fous, inscrivant du coup le mythe dans la continuité de celui de Frankenstein. Il
faudra attendre George Romero et sa Nuit des Morts-Vivants pour que les
zombies deviennent des héros récurrents et emblématiques du cinéma d’horreur, obéissant à un certain nombre de règles de base régissant leur mode d’action, leur propagation et leur élimination.
Ainsi, depuis 1968, les zombies contaminent les vivant en les mordant ou en les tuant, gonflant ainsi leurs rangs et menant aux humains une guerre perdue d’avance.
Pour les éliminer, une seule solution semble convenir : détruire leur cerveau. Un coup de feu bien placé, l’impact d’un objet contendant ou une décapitation sont apparemment les moyens les plus
efficaces de se défaire des morts-vivants. On le voit, Romero semble avoir calqué ces mécanismes sur ceux des vampires et des loups-garous, ces derniers possédant eux aussi une morsure aux vertus
contaminantes et ne pouvant être détruits que sous certaines conditions bien précises (le pieu pour l’un, la balle en argent pour l’autre). De toute évidence, le roman « Je suis une légende » de
Richard Matheson eut une influence déterminante dans cette vision « moderne » du zombie. Romero propose même une explication sinon cartésienne, du moins logique, au retour des trépassés
d’outre-tombe : « Quand il n’y a plus de place en Enfer, les morts reviennent sur Terre » déclame ainsi l’un des protagonistes de Zombie en 1977. Dès lors, cette prophétie imaginaire deviendra le leitmotiv induit de bon nombre d’œuvres se rattachant à la
thématique du mort-vivant.
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