Partager l'article ! théma: LE FUTUR: « Pour voir le futur, il faut regarder derrière soi. » (Livre d’Isaïe) Les futu ...
Les futurs décrits dans le cinéma de science-fiction sont généralement de deux natures antithétiques, l’un étant franchement chaotique, l’autre parfaitement ordonné. Mais dans les deux cas, les
cinéastes ne se montrent guère optimistes, comme s’ils tenaient à mettre en garde leurs contemporains contre des dérives inquiétantes qui précipiteraient les hommes vers des avenirs sinistres.
Quand le chaos s’est emparé du monde, l’humanité revient quasi-systématiquement à la sauvagerie et aux instincts les plus bas. A mi-chemin entre les âges barbares, la préhistoire et le western,
ces anticipations régressives comptent des œuvres aussi variées que Mad Max, Les Survivants de la
Fin du Monde, Le Dernier Combat, New York
1997 ou New York ne répond plus.
Mais la situation est souvent pire encore lorsque l’ordre est rétabli parmi les citoyens. Car à l’exception d’une poignée de visions bienveillantes et optimistes (les séries télévisées et
cinématographiques Star Trek
en sont un bon exemple), les civilisations futuristes bien ordonnées offrent souvent le spectacle de véritables cauchemars dystopiens,
autrement dit « anti-utopiques », dont le roman « Le Meilleur des Mondes » d’Aldous Huxley, taxé de pornographie lors de sa publication en 1932, est l’un des exemples les plus frappants. La
déshumanisation, la perte des libertés, le contrôle permanent, des règlements stricts et un état policier s’y distinguent, comme dans Metropolis,
THX 1138, 1984, Brazil ou Equilibrium. « L’utopie, c’est le monde tel qu’on l’espère, la contre-utopie, le monde
tel qu’on le craint », résume à ce propos l’auteur Pierre Versins.
Une autre vision du futur, pas beaucoup plus optimiste, s’est développée en littérature au milieu des années 80 avec le courant « cyberpunk ». Le monde que nous en décrivent les auteurs est
pollué, surpeuplé, saturé d’informatisation, d’univers virtuels, de fusion entre l’homme et la machine et de manipulations génétiques. Des œuvres telles que Strange Days, Johnny Mnemonic ou Paycheck en sont le fidèle reflet cinématographique, plaçant plus ou moins efficacement au
cœur de leur narration les questionnements métaphysiques liés à la nature de l’homme.
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