« Au-delà de notre monde, au-delà de tout ce que nous connaissons, vers des réalités lointaines qu’aucun de
nous n’a jamais vu… » (Jacques Baudou, "La Science-Fiction")
On attribue généralement à Jules Verne la paternité littéraire des voyages dans l’espace (« De la Terre à la Lune », « Autour de la Lune »), mais il eut de nombreux prédécesseurs, comme le Grec
antique Lucien de Samosate qui raconte dans « Histoire Véritable » l’odyssée lunaire d’un navire confronté à une guerre intergalactique, l’Anglais Francis Godwin avec « L’Homme dans la Lune »
(1638) ou même le Français Cyrano de Bergerac dans son « Histoire Comique des Etats et Empires de la Lune » (1656). Il fallut attendre 1941 pour que ce genre majeur de la science-fiction ait
enfin un nom : « space opera ». Son auteur, Wilson Tucker, détourna à cet effet le terme « soap opera » qui désignait à l’époque les fameux romans photos radiophoniques sponsorisés par des
marques de lessive.
L’appellation était donc un tant soit peu péjorative, dans la mesure ou les space operas étaient surtout, dans les années 30 et 40, des récits archétypaux où de fiers héros musclés luttaient
contre de vils extraterrestres aux confins de la galaxie, avec généralement comme alliés des savants ingénieux et leurs jolies filles, et comme antagonistes des monstres difformes. A vrai dire,
ce space opera n’était rien d’autre qu’une transposition dans le cosmos des westerns de l’époque, mâtinés de péplums et de récits coloniaux. A l’écran, on en trouve des traces évidentes
dansLa Guerre des Etoiles, Galactica,Les Mercenaires de l’Espace,
Les Evadés de l’Espace, Star Crash, Flash Gordon, Buck Rogers au 25ème Siècle,Starfighter, Perdus dans
l’Espace ou encore Les Chroniques de Riddick, même si Méliès ouvrit lui-même le bal en 1902 avec Le Voyage dans la
Lune.
Au fil des ans, le terme space opera a élargi son champ sémantique pour englober tous les récits centrés sur l’exploration spatiale. Il faut dire qu’entre-temps, la réalité rattrapa peu à peu la
fiction, d’abord en 1957 avec le lancement du satellite soviétique Spoutnik, puis en 1961 lorsque Youri Gagarine voyagea dans l’espace, et bien sûr le 21 juillet 1969 qui marqua le premier pas
historique de Neil Armstrong sur la Lune. A l’initiative d’auteurs comme Arthur C. Clarke ou A.E. Van Vogt, le space opera vira alors à la « hard science », intégrant les éléments scientifiques
les plus rigoureux possibles, et se mit en tête de développer des thématiques humanistes, philosophiques et métaphysiques. Cette tendance trouve ses échos les plus grandioses dans des œuvres
telles que 2001 l'Odysée de
l'Espace, Silent Running, Solaris ou l’incontournable sagaStar Trek.
Journaliste, scénariste et réalisateur, je suis tombé dans le chaudron du cinéma fantastique depuis que je porte des couches-culottes et depuis, les soucoupes volantes, les gorilles géants et les dinosaures font partie de mon quotidien…
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