TARZAN TROUVE UN FILS (1939)

Pour sa quatrième aventure sur grand écran, l’homme-singe incarné par Johnny Weissmuller agrandit sa famille sauvage…

TARZAN FINDS A SON !

 

1939 – USA

 

Réalisé par Richard Thorpe

 

Avec Johnny Weissmuller, Maureen O’Sullivan, Johnny Sheffield, Ian Hunter, henry Stephenson, Frieda Inescort, henry Wilcoxon

 

THEMA EXOTISME FANTASTIQUE I SAGA TARZAN

Tarzan et Jane formant un parfait petit couple depuis trois longs-métrages à succès, il était temps que la famille s’agrandisse. Mais les mœurs américaines des années 30 étant très rigoristes, et la Censure n’étant pas du genre à plaisanter avec les sujets graves, la MGM n’osa leur donner un fils naturel en dehors des liens du mariage ! D’où l’idée de l’adoption d’un enfant sauvage. Lorsque le film commence, Richard Lancing (Morton Lowry), neveu de Lord Greystoke, se dirige en avion vers Cape Town, en compagnie de sa femme et de son bébé. Mais soudain des trous d’airs perturbent le vol et le pilote est contraint d’atterrir en catastrophe dans la jungle africaine. Seul survivant du crash, le bébé est recueilli par un groupe de singes, comme jadis le fut Tarzan. Ce dernier récupère le nouveau-né avant que des hyènes affamées n’en fassent leur goûter, et Jane décide de l’adopter après que la tribu des Zambele ait fait disparaître le corps des parents dans l’avion. Pour nourrir le bébé, Tarzan capture une biche après un sprint impressionnant. Quant à Cheetah, elle est chargée de la traire, tâche dont le chimpanzé s’acquitte avec une étonnante dextérité ! Pragmatique, Tarzan décide de nommer ce petit garçon Boy, autrement dit « garçon ».

Cinq ans plus tard, cet émule de Mowgli casse-cou et facétieux a pris les traits de Johnny Sheffield, que Johnny Weismuller lui-même sélectionna parmi des centaines de jeunes candidats (et à qui il enseigna la natation pour les besoins du film). Acrobate hors pair, Boy rivalise avec son père adoptif dans l’art de se balancer au bout des lianes, mais s’avère inconscient du danger. Il se retrouve ainsi prisonnier d’une immense toile d’araignée, menacé par six énormes tarentules (réelles dans les gros plans, remplacées par des marionnettes dans les plans larges), au cours d’une scène de suspense très efficace qui se clôt par un sauvetage in extremis. Les choses se compliquent le jour où Austin Lancing (Ian Hunter) et Sir Thomas Lancing (Henry Stephenson) débarquent dans la jungle pour retrouver le défunt père naturel de Boy, car le petit garçon est l’héritier d’une immense fortune.

Jane revient d’entre les morts

Les objectifs des deux hommes diffèrent. Car si Thomas souhaite ramener Boy à Londres pour le doter de la fortune qui est la sienne, le fourbe Austin aimerait bien toucher le pactole à la place de cet enfant sauvage. Il pousse même Jane à trahir Tarzan, en lui faisant croire qu’elle agit pour le bien de Boy, mais celle-ci comprend bien vite qu’elle a fait erreur, manquant même de mourir sous les flèches des Zambele. Le scénario original prévoyait d’ailleurs le trépas de la belle, suite aux demandes répétées de Maureen O’Sullivan d’arrêter de jouer dans la série. Mais les fans de Tarzan n’auraient jamais accepté un tel outrage. Jane s’en sort donc avec une blessure superficielle, amoureusement pansée par un Tarzan pas rancunier pour un sou, et le film s’achève sur un happy end un brin expéditif. Agrémenté d’une poignée de séquences empruntées aux opus précédents (notamment une impressionnante attaque de rhinocéros issue de Tarzan et sa compagne), Tarzan trouve un fils respecte allégrement son quota de scènes d’action exotiques, en particulier la course-poursuite au cours de laquelle Boy essaie d’échapper à un lion puis un crocodile et la traditionnelle charge finale des éléphants.

 

© Gilles Penso


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