SANTA CLAUS (1985)

L’équipe de Supergirl se réunit pour raconter les origines d’un autre super-héros : le Père Noël !

SANTA CLAUS : THE MOVIE

 

1985 – GB / USA

 

Réalisé par Jeannot Szwarc

 

Avec David Huddleston, Dudley Moore, John Lithgow, Burgess Meredith, Judy Cornwell, Jeffrey Kramer, Christian Fitzpatrick, Carrie Kei Heim, John Barrard

 

THEMA CONTES

En 1985, l’étoile des producteurs Alexander et Ilya Salkind ne brille plus avec autant d’éclat qu’avant. Les succès de Superman et Superman 2 commencent un peu à dater, Superman 3 n’a pas remporté tous les suffrages et Supergirl a peiné à convaincre le grand public. Il est sans doute temps de s’éloigner des super-héros de DC pour tenter une autre aventure. En s’appuyant sur un scénario co-écrit par David et Leslie Newman, les Salkind décident donc de réinventer sous forme de blockbuster le mythe du Père Noël. Plusieurs réalisateurs sont envisagés, notamment John Carpenter, Robert Wise, Lewis Gilbert et Guy Hamilton (ces deux derniers étant des piliers de la saga James Bond). Mais aucun ne réussit à s’entendre pleinement avec les producteurs, qui optent finalement pour Jeannot Szwarc, heureux de leur collaboration avec lui sur Supergirl. Le concept du film consiste à raconter les origines du Père Noël pour ensuite le confronter à un vilain dans le New York contemporain. Nous avons donc affaire à une « origin story » en tous points conforme à ce qui se pratique dans le domaine des adaptations de comic books. Le titre original, Santa Claus : The Movie, rappelle d’ailleurs celui de Superman : The Movie. Contrairement au vieil homme malicieux qu’on aurait pu imaginer dans le rôle principal, Szwarc opte pour un colosse barbu et quinquagénaire qui aurait pu se mesurer à Arnold Schwarzenegger dans Conan le barbare. Il s’agit de l’acteur David Huddleston, un vétéran du petit et du grand écran qu’on allait ensuite retrouver dans le rôle-titre de The Big Lebowsky.

Nous voilà d’abord dans un moyen-âge de carte postale, quelque part dans le grand nord. Un sympathique bûcheron nommé Claus (Huddleston) livre chaque année à Noël des jouets sculptés à la main aux enfants de son village, accompagné de sa femme Anya (Judy Cornwell) et de leurs rennes Donner et Blitzen. Une nuit, pris au milieu d’une tempête de neige, ils sont sauvés par des elfes et emmenés dans leur atelier magique au pôle Nord. Tous deux découvrent avec stupeur que leur venue a été prophétisée, que le destin de Claus est de livrer aux enfants du monde entier les jouets fabriqués par les elfes et qu’ils vivront éternellement. Le plus vieux des elfes rebaptise alors Claus « Père Noël. » « Le temps voyagera à ton côté et la nuit du monde sera suspendue en dehors du temps pour toi », explique-t-il non sans poésie, lorsque Claus émet des doutes quant à sa capacité à apporter des jouets à tous les enfants du monde en une seule nuit. Ce don s’assortit d’un autre pouvoir qui le rapproche comme par hasard de Superman : il pourra voler. C’est ainsi que se met en place la mythologie du Père Noël…

Un traîneau à la traîne…

Soyons honnêtes : Santa Claus est un film désespérément kitsch, gorgé de chansons sirupeuses, de cantiques religieux et d’images d’Epinal difficiles à appréhender au premier degré. Au bout d’une heure de métrage, un semblant d’intrigue se met enfin en place, avec l’amitié improbable entre une petite fille riche et un jeune vagabond, les facéties d’un elfe incarné par Dudley Moore qui débite à un rythme effréné de joyeux calembours (« Je suis un elfe made man », « je n’aime pas que le traîneau traîne ») et les plans machiavéliques d’un fabricant de jouets sans scrupule incarné par John Lithgow. Malgré son important déploiement de moyens, ses grands décors, sa figuration nombreuse et ses effets visuels inventifs (quoique sérieusement datés) conçus par l’équipe de la saga Superman (Derek Meddings, Roy Field, David Lane), Santa Claus ne distille qu’avec beaucoup de parcimonie la magie qu’il est censé délivrer aux spectateurs, entravé par un scénario paresseux et pataud dénué du moindre enjeu digne de ce nom. Le film échouera à déplacer les foules dans les salles de cinéma, poussant les Salkind à revoir leurs ambitions à la baisse pour la suite de leur carrière. Ce sera par ailleurs la dernière réalisation de grande envergure de Jeannot Szwarc, qui signera ensuite quelques comédies françaises anecdotiques (La Vengeance d’une blonde, Hercule & Sherlock, Les Sœurs soleil) puis se spécialisera avec succès dans la réalisation d’épisodes de séries TV.

 

© Gilles Penso


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