APOCALYPSE DANS L’OCÉAN ROUGE (1984)

Une équipe de scientifiques enquête sur un monstre vorace et tentaculaire qui sème la terreur en pleine mer…

SHARK : ROSSO NELL’OCEANO

 

1984 – ITALIE

 

Réalisé par Lamberto Bava

 

Avec Valentine Monnier, Michael Sopkiw, John Garko, Iris Peynado, William Berger, Lawrence Morgant, Cinzia de Ponti

 

THEMA MONSTRES MARINS

Lamberto Bava n’a jamais été réputé pour sa finesse, l’héritage patronymique de son prestigieux père ayant souvent été lourd à porter pour cet artisan rarement inspiré. Mais c’est sans doute avec Apocalypse dans l’océan rouge, un nanar improbable surfant tardivement sur le succès des Dents de la mer, qu’il toucha le fond. Refusant d’assumer l’origine italienne du film, la plupart des membres de l’équipe empruntent à l’occasion des pseudonymes américanisés, Bava choisissant pour sa part celui de John Old Jr. Au début du film, un homme aux jambes arrachées est repêché en mer par les secours. Au même moment, l’océanographe Stella Dickens (Valentine Monnier) constate le comportement étrange des dauphins qu’elle étudie, et son collègue Bob Hogan (Lawrence Morgant) manque de chavirer à cause d’une masse sous-marine inconnue qui émet un son indéfinissable. « C’était différent d’une voix, mais une résonance épouvantable », balbutie-t-il pour essayer de décrire ce qu’il a entendu. « L’expression d’une haine… Oui, c’est tout à fait ça : une haine ! ». Bientôt, d’autres victimes mutilées sont rejetées sur le rivage, et une petite équipe de scientifiques se forme pour définir la nature de ce danger marin. « Moi il me semble que c’est un être fantasmagorique qui jette la terreur sur toute la faune aquatique » déclare alors un Bob décidément très lyrique.

La bête en question, conçue par les créateurs d’effets spéciaux Ovidio Taito et Germano Natali, est une espèce de gueule géante mécanique prolongée par des tentacules, que la caméra, avec une pudeur bien compréhensible, n’ose jamais filmer trop longtemps. Le scénario nous apprend en cours de route que ses cellules se reproduisent seules. En cas de destruction par un explosif, elle se transformerait donc en autant de monstres. Comment en venir à bout, dans ce cas ? En fait, à ce stade du film, plus aucun spectateur ne se sent vraiment concerné. Du coup, la révélation de l’identité du savant fou qui a créé la bestiole, dans l’espoir de contrôler le monde marin, laisse parfaitement indifférent. « J’ai rassemblé dans son code génétique l’agressivité du requin blanc, la force d’une pieuvre géante, l’intelligence d’un dauphin et la monstruosité d’un poisson datant de la préhistoire ! » lâche ce dernier avec un sérieux qui provoque irrémédiablement le rire.

« Bob, le monstre ! »

Car Apocalypse dans l’océan rouge ne s’apprécie qu’au second degré. En ce sens, voir une pseudo-savante hurler « Bob, le monstre ! » en se tenant la tête à deux mains tandis que des tentacules en caoutchouc s’agitent mollement a quelque chose de forcément jubilatoire. La mise en scène de Bava, catastrophique, s’assortit ici de dialogues imbéciles, d’une bande originale langoureuse un peu à côté de la plaque signée pourtant par le grand Fabio Frizzi et d’acteurs risibles. Les comédiennes semblent avoir été principalement engagées pour leur photogénie et leur pudeur minuscule. D’où certaines scènes superbement gratuites comme cette femme en nuisette qui est agressée chez elle et se retrouve vite fait en petite culotte et les seins à l’air. Et dire que six auteurs (dont Luigi Cozzi, Sergio Martino et Dardano Sacchetti) se sont unis pour pondre ce scénario ! Au gré de ses rééditions en vidéo, le film connut des retitrages divers comme Le Monstre de l’océan rouge ou Shark : le monstre de l’apocalypse.

 

© Gilles Penso

 

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