EMBRYO (1976)

Un médecin expérimente l’injection d’une hormone de croissance dans un embryon humain et crée une jeune fille qui semble normale… en apparence !

EMBRYO

 

1976 – USA

 

Réalisé par Ralph Nelson

 

Avec Rock Hudson, Diane Ladd, Barbara Carrera, Roddy McDowall, Ann Schedeen, John Elerick, Jack Colvin

 

THEMA MÉDECINE EN FOLIE

« Le film que vous allez voir n’est pas totalement de la science-fiction. Il repose sur une technologie médicale qui est couramment mise en pratique pour le développement fœtal extra-utérin. Ce qui va suivre sera peut-être possible demain si ce ne l’est déjà aujourd’hui. » Signé Charles R. Brinkman, docteur en médecine, ce texte d’avertissement introduit Embryo sur un bruit de battement de cœur. En quelques secondes, voilà le spectateur plongé dans l’ambiance. Sur la route, en pleine nuit, Paul Holliston (Rock Hudson) heurte une chienne enceinte. Il la ramène dans son cabinet et s’efforce de la sauver, ainsi que ses fœtus.  Déprimé depuis la mort de sa femme Nicole dans un accident, il vit avec sa belle-sœur Martha (Diane Ladd), qui lui sert d’assistante, et met toute son énergie dans cette opération imprévue, comme si le sauvetage de son âme en dépendait. Un seul fœtus survit, auquel il injecte une hormone de croissance nommée galactogène placentaire. En quelque semaine, le bébé chien, qu’il a surnommé « trompe la mort », se mue en chienne adulte. Pour ne pas trop en révéler sur son expérience, il déclare à son entourage que les fœtus sont morts et que la mère s’en est tirée.

Exalté au-delà de toute mesure, Holliston décide alors de passer à l’étape suivante, autrement dit l’injection de la même hormone à un embryon humain. Tandis qu’il échafaude ce projet, « le don de la vie » de Michel-Ange emplit tout l’écran, avertissant un spectateur conditionné qu’il est dangereux de se prendre pour Dieu. D’autant que le metteur en scène nous révèle un élément que le médecin ignore : « trompe la mort » est un chien extrêmement intelligent, certes, mais également animé d’impulsions meurtrières et sauvages. Paul se procure donc un fœtus de 14 semaines issu d’une fausse-couche auquel il soumet le même traitement, lui enseignant parallèlement les connaissances humaines par le subconscient. L’expérience marche au-delà de toutes espérances, et en quelques mois le bébé a le corps adulte et troublant de Barbara Carrera.

Une créature de rêve ?

Paul s’efforce d’aimer comme une fille cette jouvencelle qu’il prénomme Victoria, mais d’autres sentiments l’animent bientôt, et la belle devient son amante. Dotée d’une intelligence au-dessus de la normale, Victoria est également étrangère aux notions de bien et de mal. Et lorsque le vieillissement de son métabolisme s’accélère soudain, elle est prête à tout pour enrayer le phénomène. Quitte à s’adonner au meurtre, avec la complicité du fidèle « trompe la mort ». Le film repose beaucoup sur son casting, illuminé par le charisme de Rock Hudson et le charme de Barbara Carrera. En guest-star, on note l’apparition savoureuse de Roddy MacDowall, campant un joueur d’échecs orgueilleux et acariâtre. Le scénario d’Anita Doohan et Jack Thomas s’avère très palpitant, même si la réalisation de Ralph Nelson est désespérément anonyme, se hissant à peine au niveau de celle d’un téléfilm moyen. À l’avenant, la partition de Gil Mellé fait un peu effet de remplissage. Mais les thèmes développés par ce récit perturbant sont suffisamment forts pour que cette mise en forme sans génie n’en altère pas l’impact. Induit dès le prologue, le terme d’« Apprenti-sorcier » n’est lâché que dans la dernière partie du film, avant un climax en forme de course-poursuite qui s’achève sur un épilogue cauchemardesque à souhait.

 

© Gilles Penso

 

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