MACISTE CONTRE LE FANTÔME (1961)

Gordon Scott incarne un super-héros antique bien décidé à anéantir un monstre vampirique et fantomatique qui sème la terreur…

MACISTE CONTRO IL VAMPIRO

 

1961 – ITALIE

 

Réalisé par Giacomo Gentilomo et Sergio Corbucci

 

Avec Gordon Scott, Gianna Maria Canale, Jacques Sernas, Leonora Ruffo, Rocco Vidolazzi, Mario Feliciani, Annabella Incontrera

 

THEMA MYTHOLOGIE I VAMPIRES

Touche-à-tout depuis ses débuts derrière la caméra en 1937, Giacomo Gentilomo a montré une certaine prédilection pour les films d’aventure et les drames, même si peu d’entre eux (à l’exception peut-être des Frères Karamazov en 1947) ont marqué durablement les mémoires. De fait, nombreux furent ceux qui remirent en cause sa paternité dans ce Maciste contre le fantôme qui, s’il ne confine pas au chef d’œuvre, se distingue tout de même par de nombreuses qualités esthétiques. Beaucoup le considèrent même comme l’un des meilleurs péplums fantastiques italiens des années 60. La présence du co-réalisateur Sergio Corbucci, scénariste du film avec Duccio Tessari, explique peut-être la qualité d’un résultat qui n’est peut-être pas uniquement imputable à Gentilomo. Mais la répartition des rôles des deux hommes reste floue. Dans le rôle de la montagne de muscles en sandales, la production fait appel à l’Américain Gordon Scott, qui incarna Tarzan dans une demi-douzaine de séries B sympathiques. Maciste contre le fantôme lui ouvrira la voie du péplum, dont il ornera plusieurs fleurons de sa présence sculpturale (Romulus et Remus, Le Gladiateur de Rome, Cléopâtre une reine pour César, Goliath et l’Hercule noir, Hercule contre Moloch, La Terreur des gladiateurs, Le Colosse de Rome et bien d’autres).

Nous sommes dans un monde ancien et magique, quelque part au cœur d’une antiquité imaginaire. Après avoir sauvé un enfant des tentacules d’une pieuvre monstrueuse, le solide Maciste incarné par Scott revient dans son village. Mais il n’y découvre que ruines et désolation. Sa mère a été tuée, sa fiancée Guia (Leonora Ruffo) enlevée et tous les hommes massacrés. Ce saccage est l’œuvre du sultan Omar (Mario Feliciani) derrière lequel agit une force surnaturelle destructrice : le monstre Kobrak (Guido Celano) dont la particularité est de surgir du néant et de transformer les hommes en automates qui lui obéissent aveuglément. Maciste rencontre alors Kurtik (Jacques Sernas), le chef des hommes bleus, le seul qui ose s’opposer à ce monstre. Dès lors, en une belle fraternité musclée, Maciste et Kurtik unissent leur force pour combattre Kobrak…

Hommes bleus, insectes géants et guerriers sans visages

La première partie du film ne vaut que pour les exploits énergiques du héros du titre (combats divers, destructions en tout genre), le reste suscitant surtout l’ennui. Mais par la suite, tout bascule dans un fantastique réjouissant et naïf plein de surprises : hommes bleus, insectes géants (en caoutchouc), armée de guerriers sans visage, momification de la fiancée de Maciste, et enfin le grand méchant du film : un vampire/fantôme qui apparaît et disparaît dans des nuages de fumée rouge, arbore une cagoule écarlate hérissée d’une chevelure d’ébène et prend même l’apparence de Maciste pour nous offrir un combat de doubles franchement distrayant. Tout ceci est très kitsch, bien sûr, mais c’est justement ce qui donne au film un charme indicible sans lequel il eut semblé plutôt insipide. Les scènes d’action mettant en vedette Gordon Scott sont tout à fait maîtrisées et les décors de la séquence finale tirent une grande partie de leur beauté de leur singularité. La grande scène comique – involontaire ! – du film est la danse « orientale » dans la taverne, scandée par des guitares électriques très années 60 ! Aux États-Unis, le film fut distribué par American International Pictures quelques années après sa sortie européenne sous le titre Goliath and the Vampires, puis The Vampires pour sa diffusion ultérieure sur les petits écrans.

 

© Gilles Penso


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