DEATHSTALKER 4 (1991)

Pour sa quatrième aventure, le barbare guerrier participe à un grand tournoi organisé par une châtelaine maléfique…

DEATHSTALKER IV – MATCH OF THE TITANS

 

1991 – USA / BULGARIE

 

Réalisé par Howard R. Cohen

 

Avec Rick Hill, Maria Ford, Brett Baxter Clark, Michelle Moffett, Anya Pencheva, Djoko Rosic, Kosta Karageorgiev, Jenny Philipova, Rumen Dimitrov

 

THEMA HEROIC FANTASY I SAGA DEATHSTALKER

Deathstalker et sa suite s’étaient révélé des bonnes affaires pour Roger Corman : une exploitation de la vogue de l’heroic fantasy créée par le succès de Conan le barbare, des budgets très raisonnables, beaucoup de recyclage et le tour était joué. Mais la formule magique ne pouvait pas marcher à chaque fois, comme le prouvait un Deathstalker 3 fauché et bien peu palpitant qui fixait les limites du concept. Corman n’entend pourtant pas lâcher totalement l’affaire. En se serrant encore la ceinture et en convoquant l’acteur principal du tout premier film, le massif Rick Hill, il espère encore attiser les dernières flammes du genre, malgré l’arrivée des années 90 qui marquent le changement de goût du public. Voici donc un Deathstalker 4 que personne n’attendait particulièrement et qui s’efforce d’oublier les variantes joyeuse et sautillantes proposées dans les opus 2 et 3 pour un retour du héros barbare, musclé et monolithique. Restrictions budgétaires obligent, le recours aux stock-shots est plus flagrant que jamais, cet épisode reprenant de larges extraits de Deathstalker et Deathstalker 2 pour une partie des séquences de tournois, de batailles et d’orgies, tandis qu’une voix off narratrice s’efforce de fluidifier ce patchwork d’images disparates.

Tout commence comme d’habitude : Deathstalker sauve une demoiselle en péril, menacée ici d’être violée par trois hommes-fauves qui grognent. Puis notre voleur musclé se met en quête de son ami guerrier Aldilar (Stancho Stanchev), qui possède son épée. Sur le chemin, il rencontre Vaniak (Brett Baxter Clark), un athlète qui se prépare pour l’événement du moment : un grand tournoi organisé par Kana (Michelle Moffett), la châtelaine du coin. Tous les guerriers de la région semblent d’ailleurs s’être donné le mot pour participer à cette série d’affrontements violents mano a mano, y compris la vaillante Dionara (Maria Ford), remplaçant au pied levé sa sœur tombée au combat. Deathstalker finit par se rendre compte que les vainqueurs disparaissent les uns après les autres et que Kana est en réalité une sorcière masquant derrière ces épreuves sportives des activités démoniaques…

« Ce n’est pas facile d’être un héros »

Après l’Argentine et le Mexique des opus précédents, l’équipe de tournage s’installe cette fois-ci en Bulgarie pour donner corps à ce scénario aux enjeux franchement très peu palpitants. Rick Hill est toujours aussi monolithique, même si le scénario l’affuble de petites phrases supposément comiques façon Arnold Schwarzenegger. Le voilà donc qui débite des punchlines improbables (« et dire qu’on pense que les chats sont mignons ! » après avoir tué des hommes félins féroces) ou qui exprime ses pensées en voix off (« ce n’est pas facile d’être un héros »). Les filles, elles, sont plutôt faciles, en accord avec la vision macho que défend la saga depuis ses débuts. Dionara, que Deathstalker veut entraîner au maniement de l’épée, lui répond donc, langoureuse : « ce n’est pas le type d’apprentissage que j’avais en tête pour ce soir. » La reine Kana vient ensuite le draguer dans son lit. Quant à la redoutable guerrière Janeris, elle n’a rien contre quelques orgies entre deux combats. Le quota de nudité est respecté, le gore pointe le bout de son nez (un combattant réduit à l’état de flaque de sang poisseuse après avoir été écrasé à coups de masse) et l’humour fait parfois mouche, comme lorsque le héros essaie d’apprendre au chaste Vaniak comment séduire les femmes. Maladroit, affublé d’ellipses parfois incompréhensibles (Deathstalker et Dionara sont coincés dans une grotte dont l’issue est bloquée, puis se retrouvent soudain à cheval dans la forêt), Deathstalker 4 se révèle toutefois plus réussi et plus distrayant que son prédécesseur, assumant pleinement son caractère fantastique avec ces créatures mi-humaines mi-félines, ce miroir magique qui agit comme des caméras de vidéosurveillance ou cette armée d’hommes pétrifiés. La saga Deathstalker s’arrêtera là, avant la mise en chantier tardive d’un remake du premier opus en 2025

 

© Gilles Penso

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