WYVERN (2009)

Un dragon médiéval endormi depuis des siècles s’éveille soudain dans une petite ville d’Alaska et commence à semer la panique…

WYVERN

 

2009 – USA

 

Réalisé par Steven R. Monroe

 

Avec Nick Chinlund, Erin Karpluk, Barry Corbin, Elaine Miles, Tinsel Korey, Simon Longmore, John Shaw, Karen Elizabeth Austin, David James Lewis

 

THEMA DRAGONS

Conçu directement pour le marché vidéo par Steven R. Monroe, sur un scénario de Jason Bourque (La Terreur du Loch Ness, La Prophétie), Wyvern s’inscrit dans la veine des infinités de « creature features » déployés tous azimuts depuis la démocratisation des images de synthèse. Le postulat de départ n’y va pas par quatre chemins. Un pêcheur se coupe en vidant son poisson, une goutte de sang tombe dans la rivière, et le bloc de glace qu’abritait un Wyvern – sorte de monstre ailé carnivore possédant la morphologie classique d’un dragon, mais dénué de souffle enflammé – cède sous la morsure du réchauffement climatique. En quelques minutes, la créature jaillit de sa torpeur et attaque sa première victime. Dès lors, il apparaîtra à intervalles réguliers pour survoler la ville, s’immiscer dans les habitations et faucher ses proies à grands coups de griffes ou de queue acérée. Selon les codes adoptés depuis longtemps dans le cinéma catastrophe, les personnages nous sont présentés en parallèle de l’escalade de la menace : un ex-chauffeur routier hanté par un drame personnel, une serveuse à l’esprit pratique, un vieux braconnier adepte de légendes scandinaves, un médecin trop poli pour être honnête et quelques autres figures locales…

La structure narrative de Wyvern respecte scrupuleusement ce que nous sommes en droit d’attendre d’un tel exercice : la présentation rapide du lieu, l’apparition progressive du danger, les premières attaques, le regroupement des survivants, la découverte d’une complication supplémentaire (ici, un nid contenant trois œufs) et la mise au point d’un plan de contre-attaque. L’entreprise est menée de manière linéaire, sans véritable effet de surprise, mais avec une indéniable rigueur. On sent chez les auteurs la volonté de livrer le produit le plus solide possible. Le budget est visiblement très limité mais la créature numérique bénéficie d’un design soigné et d’une animation globalement crédible. Monroe ne se met pas en quête d’un second degré décalé à la Sharknado (malgré quelques répliques improbables telles que « We have a Wyvern problem ! ») et prend son sujet au sérieux.

Le dragon des montagnes

Sur le plan esthétique, Wyvern bénéficie d’une atmosphère particulière, portée par ses décors naturels. Tourné dans des paysages montagneux canadiens, le film dégage une ambiance de western glacial, où la menace ne vient pas seulement du ciel mais aussi de l’isolement. Ce cadre confiné permet de compenser en partie le manque de moyens, en instaurant une tension diffuse, ponctuée de pointes d’horreur relativement efficaces. Pour autant, les ambitions du film restent limitées. Les morts s’enchaînent selon une logique attendue, les conflits humains restent cantonnés à l’arrière-plan et l’enjeu dramatique peine à dépasser le strict cadre du monstre à éliminer. De plus, une partie de l’action se déroule hors champ, choix compréhensible compte tenu du budget, mais qui affaiblit parfois l’impact de certaines scènes. Selon son exploitation en DVD où sur les chaînes télévisées câblées, Wyvern est connu chez nous sous plusieurs appellations, telles que The Last Dragon ou La Malédiction de Beaver Mills. Un titre interchangeable pour une production modeste… mais pas dénuée d’une certaine efficacité. L’année suivante, Steven R. Monroe changera de registre pour s’attaquer à l’ultra-violent I Spit on your Grave, remake d’un classique du cinéma d’exploitation des années 70.

 

© Gilles Penso

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