LE PACTE 2 (2001)

Dans une école huppée, un étudiant mystérieux propose à trois garçons de s’adonner à la sorcellerie pour se venger de ceux qui leur causent du tort…

THE BROTHERHOOD 2 : YOUNG WARLOCKS

 

2001 – USA

 

Réalisé par David DeCoteau

 

Avec Forrest Cochran, Sean Faris, Stacey Scowley, Jennifer Capo, Justin Allen, C.J. Thomason, Noah Frank, Greg Lycskowski, Julie Briggs, Ari Welkom, Holly Sampson

 

THEMA SORCELLERIE ET MAGIE I SAGA CHARLES BAND

Le Pacte s’était révélé une bonne affaire pour David DeCoteau : un petit budget, un tournage express, un nombre limité de décors, des jeunes acteurs inconnus et à l’arrivée un beau succès dans les vidéoclubs. Toujours épaulé par Charles Band, en tant que producteur exécutif, mais maître de ses décisions depuis qu’il est à la tête de sa récente compagnie de production Rapid Heart Pictures, DeCoteau décide de battre le fer tant qu’il est chaud. S’il conserve le même principe narratif et les mêmes ingrédients que pour le premier film, il décide cependant de s’intéresser à une autre confrérie et à d’autres maléfices dans Le Pacte 2. De fait, l’action se situe toujours sur un campus mais les personnages ont changé, le cadre aussi, tout comme le rituel secret au cœur de l’intrigue. Rédigé par Matthew Jason Walsh d’après une histoire qu’il a écrite avec DeCoteau et Dave Parker, le scénario s’éloigne ainsi du vampirisme pour s’orienter vers une pratique de la sorcellerie plus explicite. Et pour mieux créer l’ambiguïté, le récit évacue longtemps tout élément surnaturel, nous laissant imaginer dans un premier temps que nous avons surtout affaire à de la manipulation d’esprit et à de l’autosuggestion.

L’histoire du Pacte 2 s’intéresse à John Van Owen (Sean Faris), élève dans une école privée huppée et très réputée, la Chandler Academy. Ici, tout le monde porte l’uniforme et on ne plaisante pas avec la discipline. Les deux meilleurs amis de John sont, comme lui, un peu marginaux. Il s’agit de Matt (Justin Allen) et Marcus (C.J. Thomason). Comme ils ne rentrent pas vraiment dans les cases, nos trois compères sont régulièrement chahutés – pour ne pas dire harcelés voire malmenés – par le groupe de sportifs lourdauds que mène l’antipathique Harlan (Noah Frank). Pas évident, dans ces conditions, de tenter de séduire la jolie Mary (Stacey Scowley), qui semble pourtant faire les yeux doux à notre jeune héros. Un jour, un nouvel étudiant débarque de nulle part : Luc (Forrest Cochran). Amateur de jeux de cartes, ténébreux, énigmatique, il propose à John et à ses amis de se venger de ceux qui leur causent du tort. En échange, il leur demande leur amitié, leur honnêteté et leur loyauté. « Je vous donne le monde ! » promet-il. Pour y parvenir, ils doivent d’abord accepter d’enfreindre les dix commandements. Et la mécanique infernale s’enclenche…

En slip autour du pentagramme

N’hésitant jamais à maniérer sa mise en scène pour séduire le public – mais aussi pour « cacher la misère » de ses budgets anémiques -, DeCoteau fait des choix plus ou moins discutables. Le fait de recourir à la voix off du héros pour raconter cette étrange aventure n’est pas inintéressant et permet une petite surcouche narrative plaisante. La musique électro qui rythme les pas des héros, de son côté, dote l’ensemble d’une belle énergie. En revanche, ces montages clippés, maniérés et truffés de flash blancs artificiels deviennent vite agaçants. Comme toujours chez ce coquin de DeCoteau, les garçons athlétiques se promènent volontiers à moitié nus. Matchs de basket, scènes de douches et de vestiaires, batifolages dans la piscine : tous les prétextes sont bons pour dévêtir le casting masculin, les montrer en train de se caresser comme dans Voodoo Academy – qui, dans le genre, n’y allait pas avec le dos de la cuiller – ou pour mettre en scène des réunions improbables en slip autour d’un pentagramme ! Et à l’instar du premier Pacte, la scène de coucherie à trois (le héros, le tentateur et l’ingénue) s’étire interminablement en longueur. Bref, on nous ressert à peu près la même recette, mais les amateurs répondent toujours présents. DeCoteau signera donc trois autres opus qui, pour leur part, se passeront de la présence du producteur exécutif Charles Band.

 

© Gilles Penso

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