MANIAC NURSES (1990)

Une armada d’infirmières psychopathe sévit dans une forteresse et y multiplie les meurtres et les sévices en toute impunité…

MANIAC NURSES FIND ECSTAZY

 

1990 – USA

 

Réalisé par Léon Paul De Bruyn

 

Avec Susanna Makay, Hajni Brown, Celia Farago, Nicole A. Gyony, Magdalena Ryman, Any Schultz, Agatha Palace, Mercedes Klein, Otto B. Leitner, Martha Fun

 

THEMA TUEURS

Écrit, produit et réalisé par le Belge Léon Paul De Bruyn, sous le pseudonyme de Harry M. Love, Maniac Nurses est un long-métrage franchement calamiteux qui respecte certes son quota de femmes semi-dénudées et de séquences d’horreur, mais avec un tel amateurisme et une telle désinvolture scénaristique que le résultat laisse au mieux perplexe, au pire léthargique. La compagnie Troma, spécialisée dans les séries Z décomplexées, y trouve tout de même son compte et décide de distribuer cette pellicule approximative dans les rayons vidéo. La petite campagne marketing déployée à l’époque tente même de faire croire que Maniac Nurses est la suite d’un autre film d’exploitation de Troma, Bloodsucking Freaks, alors que les deux métrages n’ont strictement aucun lien. Le film de Léon Paul De Bruyn puise une partie de son inspiration dans les films de prisons de femme et les chefs de file de la « nazisploitation » qui fleurissaient dans les années 70, souvent sous les bons auspices du réalisateur Jess Franco. Ainsi trouve-ton parmi les protagonistes des prénoms imagés tels que Ilsa, Greta et Gretchen. « Nous vous invitons maintenant à un voyage au cœur de la folie, dans un monde de sexe et de violence », dit dès l’entame la voix off qui nous accompagnera pendant tout le film, sur un ton ridiculement sentencieux qui nous rappelle les grandes heures d’Ed Wood.

Le pseudo-scénario qui sert à agencer maladroitement les scènes du film s’appuie sur la présence dans une clinique d’une femme médecin autoritaire et sadique, Ilsa (Hajni Brown), qui dirige d’une poigne de fer une armée de jeunes femmes psychopathes, épaulée par la fidèle Greta (Celia Farago). Le but de ces furies armées jusqu’aux dents nous échappe, mais elles s’adonnent de temps en temps à des expériences chirurgicales sanglantes visant manifestement à transformer leurs victimes en « jouets dociles »… expériences qui se révèlent des échecs cuisants. Le reste du temps, elles tuent ceux qui croisent leur route, mangent de la viande humaine, fouettent leurs prisonniers ou s’adonnent à des jeux sadomasochistes. L’intrigue finit par tourner timidement autour de Sabrina (Susanna Makey), la fille d’Ilsa (qui semble pourtant avoir quasiment le même âge qu’elle), laquelle passe son temps à lire des bandes dessinées de guerre quand elle ne joue pas de la gâchette ou du couteau pour satisfaire ses penchants meurtriers…

Tromatologie

Un film qui s’appelle Maniac Nurses ne laisse évidemment guère planer de doute quant à ses ambitions artistiques ou intellectuelles. On était pourtant en droit d’attendre qu’il honore au moins la promesse de son titre : celle de mettre en scène des infirmières tueuses. Or les héroïnes de ce nanar mal-fichu n’ont d’infirmières que le costume – et encore, lorsqu’elles ne préfèrent pas s’habiller en ersatz court-vêtus de Rambo – et évoluent dans un décor qui évoque tout sauf une clinique. Du reste, on n’y trouve pas le moindre patient. Léon Paul De Bruyn tente tant bien que mal d’aligner les ingrédients du parfait petit film d’exploitation : de l’érotisme déviant (une fille en uniforme militaire qui en fouette une autre en petite tenue), du gore généreux (tête qui explose, étripage, empalement, égorgement), des gags supposément drôles (le jardinier qui éructe en astiquant des nains de jardin), des effets de mise en scène incongrus (une spirale hypnotique qui se surimpressionne pendant un strip-tease, des textes qui s’affichent à l’écran pour commenter l’action). Filmé sans prise de son, affligé d’une post-synchronisation catastrophique et tourné dans des décors hongrois banals avec un format vidéo d’une laideur abyssale, Maniac Nurses s’achève sur une chasse à l’homme totalement dénuée de sens. Pour couronner le tout, le film accumule malgré sa courte durée d’invraisemblables longueurs, notamment d’inutiles séquences de rues tournées à Pigalle pour rallonger inutilement la sauce. Bref, du grand n’importe quoi !

 

© Gilles Penso

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