POWER RANGERS – LE FILM (1995)

Les joyeux super-héros multicolores calqués sur leurs émules japonais vivent leur première aventure au cinéma…

MIGHTY MORPHIN POWER RANGERS

 

1995 – USA / JAPON

 

Réalisé par Bryan Spicer

 

Avec Karan Ashley, Johnny Yong Bosch, Steve Cardenas, Jason David Frank, Amy Jo Johnson, David Yost, Jason Narvy, Paul Schrier, Paul Freeman

 

THEMA SUPER-HÉROS

Lancée en 1993, la série Power Rangers s’est rapidement imposée comme un véritable phénomène télévisuel mondial. Le concept repose pourtant sur une réappropriation culturelle très étrange, visant à faire passer un produit purement japonais pour une création américaine. Car cette idée d’une équipe d’adolescents capables de se transformer en super-héros colorés pour affronter des créatures monstrueuses n’est évidemment pas nouvelle. Ceux qui découvrirent Bioman dans les années 80 le savent bien. Produite aux États-Unis par Haim Saban, la série Power Rangers recycle d’ailleurs massivement des images d’action issues du show japonais Kyōryū Sentai Zyuranger, appartenant à la franchise Super Sentai. Les scènes de combat en costumes sont donc directement importées, tandis que les séquences avec les acteurs américains sont tournées spécifiquement pour le marché occidental. Face au succès fulgurant de la série, l’idée d’un passage au cinéma s’impose rapidement. En 1995 sort donc Power Rangers – le film, premier long-métrage consacré à la franchise. Doté d’un budget bien supérieur à celui de la série, le film ambitionne de proposer une version plus spectaculaire et plus ample de l’univers, avec de nouveaux costumes, des effets spéciaux modernisés et une mise en scène pensée pour le grand écran.

Ce passage au cinéma s’accompagne d’un choix narratif particulier, dans la mesure où le film ne s’inscrit pas réellement dans la continuité stricte de la série. S’il reprend les personnages principaux et leurs interprètes, il propose en effet une variation indépendante de leur histoire. Les héros y acquièrent des pouvoirs ninjas et de nouveaux costumes dans un contexte différent de celui développé à la télévision, à l’issue d’un voyage sur une planète lointaine où ils rencontrent une princesse en bikini nommée Dulcea. C’est elle qui leur transmet sa sagesse et leurs capacités hors-normes. Cette semi-autonomie permet au film de rester accessible aux néophytes, tout en offrant aux fans une relecture plus spectaculaire. En ce sens, Power Rangers- le film constitue à la fois une extension et une parenthèse dans l’univers de la série. Les protagonistes sont toujours six adolescents qui semblent échappés d’une sitcom : Tommy, Kimberly, Adam, Billy, Rocky et Aisha. Ici, ils affrontent le redoutable Ivan Ooze, qui avait été emprisonné dans un œuf géant il y a six mille ans et qui vient de s’échapper…

Caoutchouc et images de synthèse

Certes, le budget s’est amplifié et les effets spéciaux tentent d’amorcer un virage high-tech, mais au fond rien n’a changé. Nous sommes toujours face à un méchant caoutchouteux, servi par des sbires non moins caoutchouteux, avec à son service des monstres grands comme des maisons, qui se prépare à conquérir la Terre, et qui se heurte à six sosies des héros de Bioman, eux aussi multicolores et pilotant un robot géant à la Transformers. Contrairement à ses ancêtres télévisés, ce Power Rangers grand format ne fait pas interpréter ses créatures géantes par des acteurs costumés mais par des images de synthèse pas spécialement soignées – malgré de jolis effets de reflets chromés et un souci d’interaction avec les prises de vues réelles. Jurassic Park fait naturellement des émules, mais la tentative reste encore très maladroite. Le film réserve tout de même quelques moments plaisants, comme lorsque les jeunes héros, privés de leurs pouvoirs, se rendent sur une planète où ils rencontrent une splendide amazone et un squelette de dinosaure encore très vivace. Pendant ce temps, sur terre, le méchant Ooze (Paul Freeman, habitué aux rôles de salauds depuis Les Aventuriers de l’arche perdue) transforme les adultes de la Terre en zombies, façon « body snatchers ». La saga se poursuivra ensuite sur les petits écrans, jusqu’à un reboot cinématographique en 2017.

 

© Gilles Penso

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