

Pour Halloween, une maison hantée ouvre ses portes aux touristes, mais un démon assoiffé de sang s’invite à la fête…
DARK WALKER
2003 – USA
Réalisé par Danny Draven
Avec Kathleen Taylor, Michael Sage, David DeWitt, Brenda Matthews, Rick Irvin, Emily VanSonneberg, Clive Hawkins, Jill Small, Ali Taylor, Brad Potts
THEMA DIABLE ET DÉMONS I SAGA CHARLES BAND
C’est le « couteau suisse » Chuck Williams (scénariste, producteur, acteur) qui a l’idée initiale de Dark Walker. En découvrant une attraction californienne baptisée Hobb’s Grove – une sorte de maison hantée qui accueille les visiteurs le soir d’Halloween -, il envisage d’y tourner un film d’horreur à petit budget. Williams en fait donc part à son ami le réalisateur Danny Draven, qu’il a rencontré pendant la production de Horrorvision. En toute logique, le premier titre du projet est Hobb’s Grove. « Il m’a dit : “nous avons déjà le décor et tous les accessoires sur place, il nous suffit d’écrire l’histoire qui va avec“ », raconte Draven. « Chuck et moi avons donc développé l’idée d’un monstre à mi-chemin entre La Créature du marais et Pumpkinhead. J’ai engagé un auteur pour écrire le scénario mais je n’ai pas aimé son premier jet. C’était une histoire très bizarre avec des pièces de monnaie, des chevaux et des pépites d’or, une sorte de variante étrange de Fog. J’ai donc embauché quelqu’un d’autre pour le script. » (1) C’est finalement Dan Jacobs qui rédige la version finale, le monstre s’inspirant quant à lui de dessins réalisés par l’artiste Scott McGowan. Draven étant rompu à l’exercice des films indépendants aux moyens ridicules, il tourne avec une équipe très réduite pour un budget de 15 000 dollars à peine.


Le film commence en 1878 à Hobb’s Grove. Un fermier cueille une citrouille pour nourrir sa famille dans le besoin. Mais lorsqu’il l’entaille, du sang en coule. Aussitôt, une créature monstrueuse armée d’une faucille les attaque. Aujourd’hui, la maison de Hobb est devenue une maison hantée pour touristes et l’on s’apprête à y fêter Halloween. Le comité d’organisation se frotte déjà les mains dans l’espoir de remplir les tiroir-caisse et met en place un casting pour trouver les animateurs et les guides de cette attraction. Un petit groupe de lycéens est donc engagé sur la foi de leur capacité à pousser des hurlements convaincants. Or l’une d’entre eux semble posséder des dons de voyance. Parfois, lorsqu’elle touche une personne ou un endroit, des flashs effrayants l’assaillent. Et à Hobb’s Grove, les visions de cet acabit ne manquent pas. Une menace surnaturelle ne va pas tarder à s’abattre sur tout ce beau monde. Car dès que tombe la nuit, le monstre assoiffé de sang que nous avons aperçu dans le prégénérique surgit de sous la terre et se met à guetter les arrivants, en quête de victimes à mettre sous la lame de sa faucille.
Le Démon d’Halloween
Danny Draven ne se réfrène pas sur les morts violentes et spectaculaires. Les victimes du « Dark Walker » sont donc découpées à la faucille, massacrées à la tronçonneuse, écrasées sous des pierres tombales ou déchiquetées à mains nues. On sent planer ici l’ombre des EC Comics, d’autant que ce monstre venu d’outre-tombe évoque autant La Créature du marais que le zombie du premier sketch de Creepshow. Mais ces belles intentions sont en grande partie gâchées par les nombreuses maladresses du film. Car Dark Walker est filmé à l’arrache avec les moyens du bord, et ça se voit. Le rendu souhaité est sans doute la spontanéité et le naturel, mais le résultat donne surtout la sensation d’une sorte de brouillon tourné par un réalisateur amateur. D’autant que les personnages ne brillent pas par leur crédibilité, notamment ce shérif lourdaud qui mène l’enquête sans la moindre efficacité. « Ça me semble être l’œuvre d’un serial killer, j’ai entendu dire qu’ils aimaient les petites villes » lâche-t-il nonchalamment devant une tête tranchée. L’un des gags récurrents du film le montre poser fièrement devant chaque cadavre en ordonnant à son adjoint de faire de belles photos, dans l’espoir qu’elles soient publiées dans un magazine. Draven ne se prend donc pas trop au sérieux, ce qui permet de mieux accepter les nombreuses approximations de ce minuscule film d’horreur passé logiquement sous les radars.
(1) Propos extraits du livre It Came From the Video Aisle ! (2017)
© Gilles Penso
À découvrir dans le même genre…
Partagez cet article



