

Les membres d’une fraternité universitaire se livrent à de bien étranges activités qui semblent liées au secret de la vie éternelle…
THE BROTHERHOOD
2001 – USA
Réalisé par David DeCoteau
Avec Sam Page, Josh Hammond, Bradley Stryker, Elizabeth Bruderman, Forrest Cochran, Michael Lutz, Donnie Eichar, Christopher Cullen, Brandon Beemer
THEMA SORCELLERIE ET MAGIE I VAMPIRES I SAGA CHARLES BAND
À la fin des années 1990, David DeCoteau est déjà un vétéran du cinéma indépendant américain. Formé à l’école Roger Corman, passé par la galaxie Full Moon de Charles Band, le cinéaste est habitué à tourner à un rythme industriel pour des structures qui privilégient avant tout la rentabilité. Rompu à cette cadence éprouvante mais formatrice, DeCoteau décide de fonder en 1999 sa propre société de production : Rapid Heart Pictures. L’objectif est de continuer à produire vite et économiquement, tout en gardant cette fois-ci un plus grand contrôle. Ses crédos restent l’horreur, le fantastique et le suspense, avec une ligne éditoriale orientée vers un public niche, notamment auprès des audiences gay, adolescentes et féminines. La société se structure autour d’un mode de production léger, de tournages courts et d’une exploitation pensée essentiellement pour le marché du « direct-to-video », alors en pleine expansion. Le premier projet estampillé Rapid Heart est initialement développé sous le titre I’ve Been Watching You (« Je te surveille »), et tourné sous ce titre avant de trouver son appellation définitive : The Brotherhood (Le Pacte). Pari réussi : ce petit film d’épouvante aux ambitions modestes donnera naissance à pas moins de cinq suites !


Alors que la rentrée scolaire vient de commencer sur le campus de la petite université américaine de Drake, on déplore la mort mystérieuse d’un étudiant de 19 ans qui appartenait à la fraternité Doma Tau Omega, l’une des plus prestigieuses du pays. Dan (Josh Hammond), un étudiant un peu geek, se présente comme le nouveau colocataire de l’athlétique Chris Chandler (Sam Page). Celui-ci nous apparaît d’emblée comme extrêmement antipathique, comme en témoigne la liste d’avertissements qu’il énonce sévèrement au nouveau venu : « Ne touche pas à mes affaires, ni aux deux lits, ni au bureau, débrouille-toi avec un sac de couchage et un placard, dors dans ta voiture si je ramène des filles… » Mais cette entrée en matière glaciale est une blague. Chris est en réalité un bon gars. Membre de l’équipe de natation, boursier pour la fac, il n’est pas particulièrement désireux d’intégrer l’une de ces fameuses fraternités élitistes. Sauf que les membres de Doma Tau Omega l’ont repéré et veulent l’intégrer dans leur groupe, une invitation qu’il décline poliment. Il accepte malgré tout de se rendre à une de leurs fêtes, pour faire plaisir à Dan et à la jolie Megan (Elizabeth Bruderman). Sur place, sa rencontre avec Devon Eisley (Bradley Stryker), le chef de la fraternité, risque bien de bouleverser sa vie…
« Les vampires sont des mythes, nous sommes réels »
Le pacte qui donne au film son titre français est très proche de celui qu’on signerait avec le diable, même si nous sommes surtout en présence ici d’une variante autour du thème du vampirisme, puisque le secret de la vie éternelle repose sur la consommation du sang d’autrui. « Les vampires sont des mythes, ils n’existent pas », dit à ce propos le mystérieux Devon, « alors que nous sommes réels. » Évidemment – David DeCoteau oblige -, le film exhibe son lot de beaux garçons musclés en débardeur ou torse-nu, moulés dans leurs shorts ou leurs caleçons. Les membres de la fraternité, eux, sont filmés de manière ouvertement caricaturale : ils avancent au ralenti, lunettes noires sur le nez, accompagnés d’une musique électronique martiale. DeCoteau utilisait déjà ce gimmick dans le film de SF pour ados Alien Arsenal, tout comme il continue inlassablement à déployer ses tics de mise en scène habituels, notamment les nuits d’orage saturées d’éclairs et de coups de tonnerre. L’intrigue n’ayant pas non plus des tonnes de péripéties à raconter, le réalisateur fait durer les séquences au-delà de la limite raisonnable, en particulier cette « partie à trois » où Chris et Devon se repaissent du sang d’une jeune femme alanguie qui gémit longuement. Bref, la finesse n’est pas spécialement au rendez-vous. On sent pourtant l’envie de bien faire, à travers ce tournage élégant au format Cinemascope, ces dialogues plutôt bien écrits et ces acteurs qui s’impliquent avec autant de conviction qu’ils peuvent. Le public répondra présent et permettra le lancement d’une véritable petite saga autour de l’univers du Pacte.
© Gilles Penso
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