CAPTAIN AMERICA (1990)

Après la version ratée des années 70, Albert Puyn tente à son tour de porter à l'écran le célèbre super-héros de Marvel, sans beaucoup plus de succès

CAPTAIN AMERICA

1990 – USA

Réalisé par Albert Puyn

Avec Matt Salinger, Ronny Cox, Ned Beatty, Michael Nouri, Melinda Dillon, Darren McGavin, Kim Gillingham

THEMA SUPER-HEROS I SAGA CAPTAIN AMERICA I MARVEL

Comme Superman et Batman, Captain America, créé par le scénariste Joe Simon et le dessinateur Jack Kirby en 1940, eut droit à son adaptation sous forme de serial, en 1944. Il ne réapparut sur les écrans qu’en 1979, via deux téléfilms médiocres produits dans la foulée de L’Homme Araignée et L’Incroyable Hulk. Cette nouvelle relecture, plus moderne, était donc attendue avec un peu d’espoir. Le producteur Menahem Golan, qui possédait à l’époque une partie des droits de Spider-Man mais ne parvint jamais à en tirer un film, confia les rênes de ce nouveau Captain America à Albert Pyun (L’Épée sauvage, Cyborg) et se mit en quête d’un acteur susceptible d’attirer les foules. Mais après les désistements successifs d’Arnold Schwarzenegger, Val Kilmer et Dolph Lungren, c’est l’inconnu et bien peu charismatique Matt Salinger qui se retrouve en tête d’affiche.

Le film démarre en 1936, dans l’Italie de Mussolini. Le calme d’une réunion familiale est brusquement interrompu par l’intervention d’une faction armée qui massacre tout le monde à l’exception d’un jeune garçon, enlevé « pour son intelligence supérieure ». Car dans la forteresse de Lorenzo, les nazis pratiquent des expériences visant à créer des soldats invincibles à la force et à l’intelligence accrues. Le premier fruit de leurs expériences est un rat monstrueux et écarlate qui s’agite furtivement dans une cage via un amusant effet spécial en animation image par image. Alors que l’enfant s’apprête à subir la même expérience pour se transformer en redoutable Crâne Rouge, le docteur Vasali, qui participe au programme, s’enfuit et part proposer ses services aux Etats-Unis. Sept ans plus tard, Washington s’apprête à son tour à créer un super-soldat et cherche un volontaire. Atteint de polio, Steve Rogers, dont le père est mort au combat, se soumet aux tests et se transforme aussitôt en surhomme. Affublé d’un costume rouge et bleu assez ridicule (dessiné par Jack Kirby c’est très seyant, mais à l’écran au secours !), il court empêcher Crâne Rouge d’envoyer un missile sur la Maison Blanche. Accroché à la fusée, il se crashe en Alaska et ne se réveille que dans les années 90, découvert non pas par les Vengeurs, comme dans la BD, mais par une banale expédition polaire. Tel Hibernatus, notre vaillant justicier découvre un monde qu’il ne connaît pas et s’apprête à reprendre son combat contre l’infâme Crâne Rouge.

Un film anachronique

La première erreur de ce Captain America est de s’emparer d’un concept passablement dépassé sans chercher à le réadapter à son époque ni à le transcender. Des répliques aussi improbables que « il n’est peut-être pas Superman mais il sera le vivant symbole des valeurs de la nation américaine » ponctuent ainsi le métrage. Le scénario piétinant lourdement pendant 90 interminables minutes, la mise en scène n’assurant même pas le service minimum (rarement poursuites et batailles furent aussi mal filmées), la bande originale fleurant bon le synthétiseur et les comédiens n’exprimant rien (à l’exception peut-être de Scott Paulin assez convainquant sous un maquillage grimaçant créé par Greg Cannom), Captain America fut une cruelle déception que les distributeurs américains n’osèrent même pas sortir sur leur propre territoire.

 

© Gilles Penso

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