GODZILLA, MOTHRA ET KING GHIDORAH (2001)

Repassé dans le camp des « méchants », Godzilla affronte deux de ses adversaires les plus célèbres : le dragon Ghidrah et le papillon Mothra

GOJIRA, MOSURA, KINGU GIDOR : DAIKAIJÛ SÔKÔGEKI

 

2001 – JAPON

 

Réalisé par Shusuke Kaneko

 

Avec Chiharu Niiyama, Ryûdô Uzaki, Masahiro Kobayashi, Shirô Sano, Takashi Nishina, Kaho Minami, Shin’ya Ohwada

 

THEMA DINOSAURES I INSECTES ET INVERTÉBRÉS I DRAGONS I SAGA GODZILLA

Godzilla, Mothra et King Ghidorah prend le même point de départ que le film précédent (Le Japon a subi des attaques répétées de Godzilla depuis 1954 puis une période d’accalmie) mais ne s’y raccorde pas vraiment, puisque le monstre disparaissait dans un trou noir, alors qu’ici un sous-marin nippon le découvre en train de nager sous l’océan. Le scénario nous apprenant que Godzilla n’a pas été vu depuis cinquante ans, tout semble se passer comme si chaque opus du cycle « Millennium » était une séquelle indépendante du premier film. Bientôt, les accidents étranges se multiplient. Des motards sont ensevelis sous un tunnel qui s’effondre tandis qu’apparaît ce qui ressemble à la tête d’un reptile géant. Plus tard, des fêtards pillent une boutique et s’enfuient dans une barque, lorsque surgit des eaux un monstre aux allures de chenille géante. Une présentatrice spécialisée dans les docu-fiction bon marché et racoleurs décide alors de mener sa propre enquête et découvre que d’anciennes légendes parlent de Ghidrah et Mothrah comme des gardiens séculaires.

Bientôt, un monstre bizarre fait son apparition. Tout le monde semble le prendre pour Godzilla, alors que sa morphologie n’a pourtant pas grand-chose à voir avec « le roi des monstres » : une peau rouge, une corne nasale, de grandes oreilles, un dos cuirassé… Cet émule du Barugon de la saga Gamera, à l’aspect peu crédible, semble marquer un retour au look des monstres des années 70, ce que confirment Mothra, dont les grands yeux phosphorescents donnent à sa tête les allures d’un cockpit d’hélicoptère, et Ghidrah, qui ressemble plus que jamais à un dragon chinois traditionnel. Si le papillon géant conserve son rôle de protecteur de la Terre, le monstre tricéphale oublie ses origines extraterrestres habituelles et sa nature maléfique pour devenir lui aussi un gardien de la planète.

Les Gardiens de la Terre

Ici, c’est Godzilla qui assure le rôle de méchant. Traité comme une sorte de dinosaure psychopathe et impitoyable, il possède un nouveau look agressif et un regard désespérément vide. Son surgissement dans un port, filmé en contre-plongée extrême, avec un navire soulevé par une énorme lame de fond qui retombe juste devant la caméra, est joyeusement excessif. Repassé officiellement du côté des vilains, Godzilla se débarrasse rapidement du monstre rouge puis n’hésite pas à détruire d’un coup de queue un hôpital avec des enfants ! Si les costumes des monstres manquent singulièrement de réalisme, leurs incrustations dans les prises de vues réelles sont plutôt réussies, avec un sens indéniable de la démesure, et les scènes de destructions franchement spectaculaires, leur point culminant étant une explosion nucléaire en pleine ville, vue depuis la fenêtre d’une école. Le clou du spectacle est bien sûr l’affrontement entre Godzilla, Mothra (qui le bombarde de centaines de projectiles acérés) et Ghidrah (qui lui octroie quelques morsures électriques paralysantes). Si les personnages humains des films précédents attiraient encore un peu la sympathie, ils nous sont ici tous indifférents, tant ils versent dans le cliché et la caricature. C’est un des gros points faibles de cet étonnant opus qui semble vouloir inverser la tendance de tous les films précédents.

 

© Gilles Penso

 

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