« Dieu crée les dinosaures. Dieu tue les dinosaures. Dieu crée l’homme. L’homme tue Dieu. L’homme crée les dinosaures. » (Michael Crichton, “Jurassic Park”)

Il y a 150 ans, l’homme apprenait avec stupeur qu’il avait été précédé, dans la domination de la Terre, par d’innombrables et gigantesques variétés de reptiles qui assurèrent sur la planète une suprématie de 140 millions d’années. La découverte progressive de leurs restes fossilisés amena les paléontologues, au cours de laborieux exercices de déductions, à reconstituer l’incroyable morphologie de ces animaux. En 1841, l’anatomiste Richard Owen leur donna le nom imagé de « Terribles Lézards », qui se traduisait en grec par « Dinosaures ». Dès lors, l’imagination des artistes populaires s’enflamma ; dessinateurs, sculpteurs et écrivains trouvèrent là une intarissable source d’inspiration.

 

Il était inévitable que le cinéma reprenne lui aussi à son compte ces monstres qui avaient l’inestimable mérite d’avoir vraiment existé. Car la fascination que représentent les dinosaures depuis un siècle et demi s’explique probablement par le fait que ces reptiles aux proportions si souvent gigantesques et aux morphologies si surprenantes ne sont pas le fruit d’imaginations fertiles ni de mythologies fantasques, mais appartiennent à une réalité tangible, scientifiquement démontrée. Contempler une forêt ou une vallée de n’importe quel point de la planète et imaginer que de monstrueux sauriens s’y promenaient en toute liberté il y a quelques millions d’années a de quoi troubler les esprits les plus cartésiens. Dès l’aube du Septième Art, les dinosaures se sont donc mis à fleurir sur les écrans du monde entier, suivant invariablement trois figures de style distinctes : les continents oubliés peuplés de survivants miraculeux de l’ère secondaire (Le Monde PerduLa Vallée de GwangiLe Sixième Continent), les visions uchroniques d’époques préhistoriques fantasmées au cours desquelles des pin-up en peau de bête cohabitent avec des reptiles géants agressifs (Un Million d’Années Avant JCQuand les Dinosaures Dominaient le Monde, L’Homme Préhistorique) ou les monstres antédiluviens confrontés à la civilisation moderne (Le Monstre des Temps Perdus, Godzilla, Jurassic Park).

FILMS CHRONIQUÉS
1925: Le Monde Perdu de Harry O’Hoyt
1933: King Kong d’Ernest B. Schoedsack et Merian C. Cooper

1933: Le Fils de King Kong de Ernest B. Schoedsack
1951: Le Continent Perdu de Sam Newfield
1953: Le Monstre des Temps Perdus d’Eugène Lourié
1954: Godzilla d’Inoshiro Honda
1955: King Dinosaur de Bert I. Gordon
1955: Le Retour de Godzilla de Motoyoshi Odo
1956: The Beast of Hollow Mountain d’Edward Nassour et Ismael Rodriguez
1962: King Kong contre Godzilla d’Inoshiro Honda
1966: Un Million d’Années Avant JC de Don Chaffey
1968: La Vallée de Gwangi de Jim O’Connolly

1968: King Kong s’est échappé de Inoshiro Honda

1970: Quand les Dinosaures Dominaient le Monde de Val Guest
1973: Godzilla 1980 de Jun Fukuda 
1976: Le Sixième Continent de Kevin Connor
1976: Queen Kong de Frabnk Agrama
1977: Le Dernier Dinosaure d’Alex Grashoff et Tom Kotani
1978: La Planète des Dinosaures de James K. Shea
1981: L’Homme des Cavernes de Carl Gottlieb
1982: Yor le Chasseur du Futur de Antonio Margheriti
1984: Le Retour de Godzilla de Kohji Hashimoto
1989: Godzilla contre Biollante de Kazuri Omori

1992: Docteur Mordrid de Charles et Albert Band
1993: Carnosaur d’Adam Simon
1993: Jurassic Park de Steven Spielberg
1997: Le Monde Perdu – Jurassic Park de Steven Spielberg
1998: Godzilla de Roland Emmerich
1998: Jurassic Trash de Richard J. Thomson
2001: Jurassic Park 3 de Joe Johnston
2004: Dinocroc de Kevin O’Neill
2004: Godzilla Final Wars de Ryuhei Kitamura
2005: King Kong de Peter Jackson 
2005: Ptérodactyles de Mark Lester
2006: Kinky Kong de John Bacchus
2006: La Nuit au Musée de Shawn Levy
2008: Voyage au Centre de la Terre 3D de Eric Brevig
2009: La Nuit au Musée 2 de Shawn Levy
2014: Godzilla de Gareth Edwards 
2015: Jurassic World de Colin Trevorrow
2016: Godzilla Résurgence de Hideaki Anno et Shinji Higuchi
2018: Jurassic Park : Fallen Kingdom de Juan Antonio Bayona