DANS LES PROFONDEURS DU TRIANGLE DES BERMUDES (1978)

Selon une légende du Nord de l’océan Atlantique, une tortue géante mythique est capable de prendre l’apparence d’une jeune femme…

THE BERMUDA DEPHTS

 

1978 – USA / JAPON

 

Réalisé par Tom Kotani

 

Avec Leigh McCloskey, Carl Weathers, Connie Selleca, Julie Woodson, Burl Ives, Ruth Attaway, Elise Frick, Nicholas Ingham, Kevin Petty, Nicole Marsh

 

THEMA MONSTRES MARINS

À la fin des années 70, les producteurs américains Arthur Rankin Jr. et Jules Bass, spécialisés dans les programmes pour enfants en stop-motion, décident d’unir leurs forces avec la compagnie japonaise Tsuburaya Productions, à l’origine des effets spéciaux de la série Ultraman, pour mettre en chantier plusieurs films fantastiques ambitieux destinés à une diffusion télévisée aux Etats-Unis et à une distribution en salles dans le reste du monde (comme c’était le cas à l’époque pour certaines adaptations des comic books Marvel telles que L’Incroyable Hulk, L’Homme araignée ou Captain America). Le premier fruit de cette collaboration est Le Dernier dinosaure, sorti en 1977. Dans les profondeurs du triangle des Bermudes (connu aussi en France sous le titre La Légende des profondeurs) prend la suite une année plus tard. Tsugunobu Kotani repasse derrière la caméra, toujours sous le pseudonyme de Tom Kotani, et William Overgard assure une nouvelle fois l’écriture du scénario, d’après une histoire proposée par le producteur Arthur Rankin Jr.

Sur une plage des Bermudes, le tout jeune Magnus et son amie Jennie découvrent un œuf duquel sort une tortue marine qui devient leur compagne de jeu. Mais un beau jour, la gamine part nager en mer avec la tortue et disparaît corps et bien. Alors que Magnus demeure inconsolable, un cataclysme ravage le soir-même sa maison et tue son père. Devenu un jeune adulte, Magnus (Leigh McCloskey) s’embarque sur un bateau de pêche avec son ami d’enfance Eric (Carl Weathers) et avec le scientifique Paulis (Burl Ives). Ce dernier est un ancien collègue de son père obsédé par la quête d’une tortue géante préhistorique qui aurait laissé d’énormes traces sur la plage. Magnus rencontre alors une jeune femme énigmatique (Connie Sellecca) qui s’avère être Jennie devenue adulte. Celle-ci tombe aussitôt dans ses bras. Or une légende locale parle d’une créature mythique capable de prendre l’apparence d’une fillette, d’une jeune femme ou d’un monstre marin…

L’étrange créature des Bermudes

Refusant le recours aux effets spectaculaires, Dans les profondeurs du triangle des Bermudes construit son intrigue à petits pas, sur un rythme lent, le tout baigné d’une tonalité mélancolique. La poésie s’invite souvent entre les lignes de ce scénario atypique, et pour peu que le spectateur abandonne son esprit rationnel, il n’est pas difficile de croire que la magnifique Connie Selleca (qui joue ici son tout premier rôle dans un film) est une créature surnaturelle. Évitant toute explication rationnelle définitive, le film laisse la porte ouverte vers plusieurs interprétations, y compris celle du rêve ou de l’imagination. Si les effets spéciaux sont à la hauteur, il faut bien avouer que la bande originale de Maury Laws est aujourd’hui très datée. Certes, cette musique dégage un joli parfum de nostalgie et même un certain lyrisme, mais son côté « variétés des années 70 » a mal passé le cap des années. Diffusé une première fois aux États-Unis le 27 janvier 1978 sur ABC, Dans les profondeurs du triangle des Bermudes est ensuite sorti en salles au Japon et en Europe. Le partenariat entre Rankin/Bass et Tsuburaya se poursuivra l’année suivante à l’occasion d’un troisième long-métrage, Jungle Love, toujours réalisé par Tom Kotani.

 

© Gilles Penso


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