LE MONSTRE DU LAC (1999)

Dans ce téléfilm allemand involontairement drôle, une sorte de dinosaure marin mutant s’échappe du laboratoire où il a été créé pour semer la panique…

DAS BIEST IM BODENSEE

 

1999 – ALLEMAGNE

 

Réalisé par Richard Huber

 

Avec Stefan Reck, Barbara Rudnik, Peter Rühring, Anna Schmidt, Andrea Zogg, Romuald Pekny, Franz Buchrieser, Michael Schiller

 

THEMA MONSTRES MARINS

Pétri de clichés de la première à la dernière minute, ce téléfilm allemand s’efforce de mixer maladroitement les thématiques et les idées visuelles d’un grand nombre de « monster movies » l’ayant précédé. Son réalisateur Richard Huber, spécialisé dans les programmes pour le petit écran (Rendez-vous chez Todes, Bus 152, Mobbing Girls et plus tard plusieurs épisodes de la série policière Tatort) fait visiblement du mieux qu’il peut avec le budget à sa disposition et avec le scénario très primaire écrit par Matthias Dinter (Einstein : équations criminelles). L’intrigue du Monstre du lac concerne une créature reptilienne, fruit de manipulations génétiques, qui s’échappe du laboratoire Sirling où elle a été créée et nage dans le Rhin jusqu’au lac de Constance. Là se trouve un camp pour adolescents à problèmes dirigé comme par hasard par l’ex-femme d’un des créateurs du monstre. Renvoyé jadis par ses employeurs, celui-ci va tenter de détruire la bête tout en partant à la reconquête de son ancienne épouse et de leur fille. Or l’ex-femme en question, sans le savoir, a donné un peu de son sang pour créer le monstre. Celui-ci est donc attiré par elle, comme un rejeton par sa mère…

Ce script maladroit s’efforce de privilégier les relations humaines plutôt que les séquences d’action pure, mais comme chaque personnage est un archétype sans finesse dont le caractère est taillé au burin, et comme en outre les dialogues sont une collection de répliques déjà entendues mille fois ailleurs, autant dire que l’on s’ennuie sérieusement au bout d’un bon quart d’heure. D’autant que les références – pour ne pas dire les plagiats – « empruntés » un peu partout exhalent sans cesse un sentiment de déjà-vu. De Piranhas à Alien 3 en passant par Les Dents de la mer, Jurassic Park et même Usual Suspects, c’est un véritable parchwork d’influences mal digérées et agencées n’importe comment que nous propose ce Monstre du lac involontairement drôle dont le titre français paraphrase quasiment celui du classique de Jack Arnold.

Morphologie variable

Reste le monstre. Reconstitué en images de synthèse de manière plutôt honorable pour un téléfilm de la fin des années 90, il s’agit d’une espèce de dinosaure dont la forme et la taille sont assez évasives. En effet, selon les plans, il ressemble au Godzilla de Roland Emmerich, à un plésiosaure façon Monstre du Loch Ness, à un cheval à tête de tyrannosaure ou à une espèce d’alien reptilien, ses dimensions oscillant selon les plans entre deux ou trois mètres de long… Sans parler de ces petits tentacules qui attaquent les gens dans le lac mais qui n’apparaissent jamais sur la créature lorsqu’on la voit dans son entier. Erreur de script ? Changement du look du monstre en cours de film ? Idée non exploitée d’un métabolisme en perpétuel changement à la The Thing ? Difficile à dire. Toujours est-il que cette bestiole rugissante et dévastatrice constitue le seul élément distractif d’un téléfilm morne et convenu, dont on sent venir à l’avance chaque séquence, notamment le dénouement qui accumule lui aussi une belle collection de lieux communs.

 

© Gilles Penso


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