AVENTURES DE IMPY LE DINOSAURE (LES) (2006)

Un zoologue excentrique vit tranquillement avec ses animaux sur une île volcanique jusqu’au jour où un œuf préhistorique s’échoue sur la plage…

URMEL AUS DEM EIS

 

2006 – ALLEMAGNE

 

Réalisé par Reinhard Klooss & Holger Tappe

 

Avec les voix de P.J. Battisti, Madeleine Blaustein, Wigald Boning, Pete Bowlan, J. David Brimmer, James Carter Cathcart, Anke Engelke, Florian Halm

 

THEMA DINOSAURES

Les romans pour enfants de Max Kruse, publiés dans les années 70, sont de véritables institutions en Allemagne. Le plus fameux d’entre eux est « Urmel aus dem Eis », traduit en France sous le titre « Plodoc, diplodocus de choc », vendu à des millions d’exemplaires et suivi par pas moins de onze volumes. Très vite, le petit dinosaure germanique se décline en produits dérivés et en série télévisée, mais son arrivée sur le grand écran s’avère bien tardive. Il faut attendre le développement des images de synthèse outre-Rhin et l’impulsion du studio Bavaria pour que l’adaptation cinéma de « Plodoc » voit enfin le jour. Aux commandes des Aventures d’Impy le dinosaure, on trouve les réalisateurs Reinhard Klooss et Holger Tappe. Le premier est surtout connu pour ses activités de producteur (sur des œuvres aussi diverses que Prince Vaillant, Astérix et Cléopâtre contre César ou Mortel transfert), le second est un transfuge du film publicitaire et du jeu vidéo (qui co-réalisa Le Monde de Gaya avec Lenard F. Krawinkel) et le projet a tout d’une superproduction. Même le compositeur Hans Zimmer, superstar internationale du monde de la bande originale, est à pied d’œuvre pour superviser la musique du film, confiée au talentueux James Michael Dooley.

Face aux moyens considérables mis en chantier pour assurer un succès immédiat au dinosaure vert et à ses compagnons de tous poils, nous étions en droit d’attendre un fier rival des productions Pixar ou Dreamworks. La déception est donc de taille. Malgré trois années de développement intense et soixante infographistes recrutés à temps plein pour gérer l’animation 3D et les sessions de motion capture, la qualité graphique des Aventures de Impy le dinosaure surpasse à peine celle d’un Oui-Oui ou d’un Adibou, et souffre sérieusement de la comparaison avec Le Manège enchanté produit à l’époque en nos contrées par les studios Pathé. Le design des personnages laisse perplexe, les textures manquent singulièrement de finesse et l’animation est loin d’être en phase avec les progrès du début des années 2000. Si l’on jette un coup d’œil rétrospectif à Toy Story, premier long-métrage du genre – réalisé il quatorze ans plus tôt -, force est de constater qu’aucune séquence de Impy n’arrive à la cheville du chef d’œuvre de John Lasseter.

Dino Junior

Ces carences techniques trouvent leur écho dans les errances du scénario de Oliver Huzly, Reinhard Kloos et Sven Severin, qui s’encombre de personnages inutiles (Tim, le neveu du professeur, n’a clairement aucun rôle à jouer ici) et de changements de personnalités illogiques (le roi Pumponell, tour à tour cruel ou sympathique). Une grande part des faiblesses du film s’évapore pourtant aux yeux du public auquel il est destiné, autrement dit les cinéphiles en culotte courte âgés de trois à sept ans. Contrairement à certaines idées reçues, ces spectateurs-là sont aussi exigeants que leurs homologues adultes, mais ils ne placent évidemment pas leurs critères de goût au même niveau. L’exubérance des personnages, la vivacité multicolore de l’univers visuel et la variété infinie des péripéties sont propres à faire de Impy un spectacle très agréable pour la tranche d’âge qu’il cherche à séduire. A la différence d’un Shrek ou d’un Ratatouille, et malgré quelques clins d’œil destinés aux « grands » (le générique de fin au cours duquel tout le monde danse sur le tube « We are family »), Les Aventures de Impy le dinosaure ne trouvera donc faveur qu’auprès de ceux n’ayant pas encore atteint leurs dix printemps.

 

© Gilles Penso


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