ANCIENT EVIL (2000)

Récemment découverte dans les ruines d’un temple aztèque, une momie se réveille et attaque les étudiants censés l’examiner…

ANCIENT EVIL : SCREAM OF THE MUMMY

 

2000 – USA

 

Réalisé par David DeCoteau

 

Avec Ariauna Albright, Trent Latta, Michael Lutz, Jeff Peterson, Michelle Erickson, Russell Richardson, Brenda Blondell

 

THEMA MOMIES I SAGA CHARLES BAND

Si l’on excepte l’amusant The Creeps, qui réinventait plusieurs monstres du répertoire classique dans une version « demi-portion », Charles Band et ses productions Full Moon ne s’étaient encore jamais frottés au thème des momies. Ancient Evil comble cette lacune, même si Band est ici un producteur exécutif officieux, dans la mesure où ce n’est pas sa compagnie qui prend en charge le film. En revanche, plusieurs de ses collaborateurs attitrés se retrouvent derrière la caméra, notamment le réalisateur David DeCoteau, qui n’a que quatre jours pour tourner ce petit film d’horreur motivé par le succès récent de La Momie de Stephen Sommers. En si peu de temps, il est évidemment impossible de faire des miracles, d’autant que plusieurs imprévus vont compliquer les choses du côté du casting. Il y a d’abord Michelle Nordin, l’une des jeunes comédiennes du film qui, à peine débarquée de son Brésil natal, s’avère incapable de parler anglais. Elle prononce donc ses dialogues en phonétique, lesquels seront ensuite post-synchronisés (et ça s’entend !). Plus compliqué : l’acteur censé jouer Norman, l’un des personnages clés de l’intrigue, se désiste à la dernière seconde. Lorsque son remplaçant Trent Latta débarque, le tournage a déjà été largement entamé et l’équipe doit se soumettre à des journées interminables pour boucler dans les temps toutes les scènes nécessaires.

Le scénario co-écrit par David DeCoteau et Matthew Jason Walsh nous apprend qu’une momie en parfait état a été découverte dans un ancien temple aztèque au Mexique. Il s’agissait manifestement d’un serviteur dédié à Tlaloc, le dieu de la pluie, momifié vivant et enterré avec ses bijoux. Avant que la dépouille soit exposée dans un musée, Madame Cyphers (Brenda Blondell), professeure d’archéologie, est chargée de l’étudier avec plusieurs de ses étudiants. Mais l’un d’eux, l’athlétique et stupide Morris (Michael Lutz), subtilise l’amulette que la momie porte au poignet pour l’offrir à la fille qu’il cherche à séduire. Or l’un de ses camarades, Norman (Trent Latta), un jeune homme bizarre et très réservé, a tout vu. Au lieu de dénoncer Morris ou de chercher à le raisonner, Norman rend visite à la créature qui, soudain, revient à la vie. Le garçon ne s’en étonne pas le moins du monde, car il est en réalité le dernier descendant de la lignée des prêtres adorateurs de Tlaloc. Sous ses ordres, la momie commence à massacrer tout le monde à tour de bras, armée d’un couteau recourbé à la lame acérée.

Momie Blues

Une belle musique de Jared DePasquale (Witchouse, Les Morts haïssent les vivants) ouvre le film avec des accents apocalyptiques qui ne sont pas sans évoquer la bande originale de L’Armée des ténèbres, nous laissant presque espérer un spectacle de qualité. Mais dès que les acteurs entrent en scène, l’enthousiasme s’évapore. Tout le monde surjoue, personne n’a l’air de croire – ou même de comprendre – les enjeux de cette histoire somme toute très basique, et DeCoteau lui-même, visiblement ailleurs, se laisse aller à ses goûts pour l’anatomie masculine en exhibant son casting mâle en sous-vêtements ou en débardeur moulant. Du reste, comment croire une seule seconde à cette histoire de momie antique d’une valeur inestimable, qu’on nous montre ici simplement allongée sous un drap, dans une salle sans surveillance et à la portée de tous ? Comment ne pas rire devant ce pseudo-descendant de prêtre aztèque affublé d’une tenue « traditionnelle » constituée d’une jupe à franges et de bracelets en fourrure avec des motifs léopard ? La créature elle-même, œuvre conjointe de Christopher Bergschneider et Jeff Farley, possède un faciès grimaçant plutôt impressionnant. Mais son costume corpulent (endossé par Bergschneider lui-même) lui donne des allures pataudes qui annihilent tout sentiment de menace. Pour combler un peu le vide, le réalisateur sature l’image d’éclairs et la bande son de coups de tonnerre, un vieux truc déjà utilisé dans Witchouse. Bizarrement, cet Ancient Evil très facultatif est sorti en Angleterre sous le titre Bram Stoker’s Legend of the Mummy 2, comme s’il s’agissait d’une suite du déjà très passable Legend of the Mummy de Jeff Obrow.

 

© Gilles Penso

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