DOGHOUSE (2009)

Un groupe d’amis, parti séjourner dans un petit village pour consoler l’un d’entre eux de sa rupture, se heurte à une armada de femmes zombies…

DOGHOUSE

 

2009 – GB

 

Réalisé par Jake West

 

Avec Danny Dyer, Noel Clarke, Lee Ingleby, Keith-Lee Castle, Emil Marwa, Neil Maskell, Stephen Graham

 

THEMA ZOMBIES

Doghouse s’inscrit dans la veine de la comédie horrifique britannique, un genre qui a littéralement explosé en Angleterre depuis le succès de Shaun of the Dead en 2004. Réalisé par Jake West (qui s’est distingué auprès des amateurs du cinéma de genre avec des titres comme Razor Blade Smile, Evil Aliens ou Pumpkinhead : Ashes to Ashes), le film explore avec ironie la guerre des sexes et les anxiétés masculines contemporaines. L’intrigue, qui se résume finalement à peu de choses, tourne autour de Vince (Stephen Graham), un trentenaire qui vient de se heurter à une rupture brutale, et de ses amis, un groupe de sportifs amateurs de bière. Pour le distraire et panser son cœur brisé, ses compagnons organisent un week-end « entre hommes » dans le village de Moodley, supposé être un havre de détente. Le nombre de femmes y étant quatre fois plus élevé que celui des hommes, le séjour s’annonce prometteur en conquêtes potentielles. Mais à leur arrivée, le décor est tout sauf idyllique. Un virus mystérieux, provoqué par des recherches militaires expérimentales, a en effet transformé toutes les femmes du village en zombies anthropophages…

Le concept du film serait né le jour où le scénariste Dan Schaffer observa sa compagne grippée, dont l’aspect lui évoqua l’image d’un zombie. En empruntant une mécanique narrative très proche de celle de Lesbian Vampire Killers, sorti à peine quelques mois plus tôt, Doghouse fonctionne sur plusieurs niveaux. Derrière les explosions de sang et les gags visuels se cache visiblement une réflexion sur la crainte masculine de la domination féminine, du mariage et de l’engagement. Ces morts-vivantes déchaînées se muent ainsi en métaphores des tensions et des insécurités qui jalonnent les relations amoureuses, offrant au film un sous-texte plus subtil qu’on ne l’aurait imaginé. Jake West joue ici l’équilibriste avec une certaine virtuosité. Les séquences gore généreuses alternent habilement avec des passages burlesques et des scènes de suspense où le spectateur finit par s’inquiéter réellement du sort des personnages. Cette tonalité multiple fonctionne grâce à une caractérisation soignée. Chaque membre du groupe possède sa personnalité propre, de l’ami dragueur et irresponsable au compagnon anxieux et maladroit, permettant un efficace phénomène d’empathie et d’identification.

La nuit des mortes-vivantes

Les performances des acteurs contribuent également à la réussite du film. Les dialogues oscillent entre l’humour gras, les sarcasmes et les moments sincèrement touchants, évitant de fait que les personnages ne sombrent trop radicalement dans la caricature, même si nous sommes toujours sur un fil, de ce côté-là. La bourgade anglaise isolée, transformée en zone de chasse pour les femmes zombies, devient ici le terrain idéal d’une satire sur la masculinité et les clichés liés aux week-ends entre hommes. Pour autant, West ne perd jamais de vue l’objectif numéro un de son film, conservant donc un rythme effréné et une approche visuelle volontairement outrancière, en s’appuyant sur des maquillages spéciaux et des effets sanglants particulièrement soignés. Quant au comique de situation – une tête décapitée utilisée pour tromper les zombies ou une voiture télécommandée servant de diversion – il emprunte souvent sa dynamique à celle des cartoons. Beaucoup moins primaire et misogyne qu’il pourrait paraître de prime abord, Doghouse est donc une vraie bonne surprise.

 

© Gilles Penso

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