Disney relance la machine à remakes… et cette fois, c’est (déjà) au tour de Vaiana : La Légende du bout du monde de passer à la moulinette du « live ».
PUBLIÉ LE 24 MARS 2026


Dix ans à peine après le succès du film d’animation original, la firme aux grandes oreilles remet les voiles. La jeune Catherine Lagaʻaia hérite du rôle-titre, tandis que Dwayne Johnson reprend son personnage de Maui, qu’il doublait déjà dans le film animé. Autour d’eux, une distribution majoritairement issue de Nouvelle-Zélande (John Tui, Frankie Adams, Rena Owen) cherche manifestement à ancrer le récit dans ses racines polynésiennes. La réalisation est confiée à Thomas Kail, spécialiste du film musical (Grease Live, Hamilton), qui se voit ici épaulé par une armada de producteurs veillant manifestement à ce que le cahier des charges soit méticuleusement respecté. Sur le papier, tout semble réuni pour un nouveau carton. Après tout, Disney a déjà transformé plusieurs de ses classiques en machines à cash. Mais le succès financier n’a jamais vraiment rimé avec réussite artistique. Depuis une décennie, les remakes live Disney peinent en effet à justifier leur existence autrement que par la nostalgie et le box-office. Les rares exceptions sont des écarts de route signés par des cinéastes à la personnalité singulière (un Peter et Eliott par ci, un Dumbo par-là), mais ce sont des cas isolés.
Comme on pouvait s’y attendre, la bande-annonce de ce nouveau Vaiana laisse entrevoir la tendance du mimétisme pur et simple. Le « live » semble ici se contenter d’imiter l’animation, sans proposer de regard neuf. Une stratégie prudente, presque scolaire, qui ravive l’éternelle question : à quoi bon ? Le timing lui-même interroge. Adapter un film aussi récent – encore bien ancré dans la mémoire collective et déjà prolongé par une suite à succès – ressemble moins à un geste artistique qu’à une exploitation accélérée d’une licence rentable. Disney, à court de classiques « anciens » à revisiter, pioche désormais dans ses succès récents. Cette fuite en avant pourrait bien finir par transformer son catalogue en boucle autoréférentielle. Reste que le public familial répondra probablement présent. Porté par la popularité intacte de l’original et par une fenêtre estivale favorable, le remake de Vaiana a tout du futur hit. Mais ce syndrome de la photocopie continuera-t-il longtemps à faire illusion ? Et si le vrai défi n’était plus de refaire ses classiques… mais de réapprendre à en créer ?
© Gilles Penso
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