

Un objet macabre d’origine précolombienne tombe dans les mains d’un groupe de lycéens. Lorsqu’on souffle dedans, une redoutable malédiction s’enclenche…
WHISTLE
2025 – CANADA / IRLANDE
Réalisé par Corin Hardy
Avec Dafne Keen, Sophie Nélisse, Sky Yang, Jhaleil Swaby, Ali Skovbye, Percy Hynes White, Mika Amonsen, Michelle Fairley, Stephen Kalyn, Nick Frost
THEMA MORT
Réalisateur de deux films d’horreur relativement confidentiels (Blood Fest et Mercy Black), Corin Hardy développe d’abord l’idée du Sifflet sous forme d’une nouvelle, avant d’en tirer le scénario d’un long-métrage. C’est Corin Hardy, signataire du peu mémorable La Nonne issu du « Conjuring Cinematic Universe », qui se charge de la mise en scène. Férus de cinéma de genre, les deux hommes décident de truffer Le Sifflet de références et de clins d’œil. Nous avons donc droit à un enseignant qui s’appelle Craven, à une lycéenne nommée Browning, à l’usine sidérurgique Verhoeven ou à la boîte à cigares Muschietti. Ces petits coups de coude sont bien sûr conçus pour s’attirer la complicité du public, mais n’empêchent pas le film de cumuler un grand nombre de lieux communs. Dès l’entame, nous découvrons donc l’archétype de l’adolescente marginale et solitaire qui vient s’installer dans une nouvelle ville et un nouveau lycée, griffonne des dessins dans son cahier, s’habille un peu « grunge » et écoute des chansons aux paroles déprimantes : « Desperate Times », « Social Suicide », « In the Dark and Lonely Night »… Un mix cafardeux qui nous renvoie illico à la playlist dépressive qu’écoutait l’héroïne du parodique Mords-moi sans hésitation.


Ce « cliché ambulant » est une jeune fille au prénom improbable, Chrysantemum (Dafne Keen) – Chrys pour les intimes. Bouleversée par la mort de son père, cette ancienne junkie emménage avec son jovial cousin décoloré Rel (Sky Yang) et découvre ses nouveaux camarades lycéens : la blonde populaire Grace (Ali Skovbye), son petit-ami sportif Dean (Jhaleil Swaby) et la sympathique Ellie (Sophie Nélisse) qui lui tape rapidement dans l’œil. En ouvrant son casier, Chrys tombe sur un objet étrange d’origine précolombienne : un sifflet antique en forme de crâne. Or les spectateurs ont un coup d’avance, puisque la scène prégénérique nous a montré le basketteur vedette du lycée, en possession de cet artefact antique, mourir dans des conditions spectaculaires : calciné dans sa douche après être entré en contact avec un homme en flammes. Le mystère est encore entier mais la menace très palpable. En retenue après une altercation dans les couloirs, nos élèves vedette sont surveillés par un professeur (Nick Frost) qui confisque le sifflet. Une fois seul, il souffle dedans. Les conséquences seront catastrophiques…
Souffler n'est pas jouer
Si l’on passe outre la galerie de personnages stéréotypés que met en scène Le Sifflet, il faut reconnaître que les séquences d’épouvante concoctées par Corin Hardy ne manquent ni d’efficacité ni d’impact, comme par exemple cette course-poursuite cauchemardesque dans le labyrinthe d’une fête foraine. Le design de l’objet lui-même est une jolie réussite, suscitant par sa seule présence d’irrépressibles frissons. Et lorsque la mort frappe, la retenue n’est plus de mise et le gore éclabousse l’écran avec une belle générosité. Mention spéciale pour le déchiquetage d’un lycéen par une force invisible, réminiscence ultra gore d’une des scènes les plus marquantes de Looper. Mais toutes ces belles qualités formelles ne cachent pas le sentiment de déjà-vu qui plane tout au long du métrage. La mécanique narrative évoque beaucoup d’autres films d’horreur – Smile, La Main, The Monkey et surtout la franchise Destination finale -, tandis que cette convocation des peurs intimes se retournant contre les jeunes héros nous ramènent directement à Ça. Dommage que le savoir-faire de Hardy ne soit pas mis au service d’un concept plus novateur et de protagonistes plus étoffés.
© Gilles Penso
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