BIKINI FRANKENSTEIN (2010)

Renvoyé de l’université où il enseignait, le docteur Frankenstein veut prouver la viabilité de ses théories en ressuscitant une sculpturale playmate…

BIKINI FRANKENSTEIN

 

2010 – USA

 

Réalisé par Fred Olen Ray

 

Avec Jayden Cole, Frankie Cullen, Brandin Rackley, Christine Nguyen, Billy Chappell, Ted Newsom, Ron Ford, Alexis Texas

 

THEMA FRANKENSTEIN

Bikini Frankenstein est un film qui présente le mérite d’annoncer d’emblée la couleur grâce à son titre sans équivoque. Nous sommes ici en présence d’une comédie érotico-fantastique ne devant à Mary Shelley qu’un prétexte pour déshabiller son casting féminin et enchaîner les gags en-dessous de la ceinture. Après avoir écumé l’horreur et la science-fiction fauchées dans les années 80 (Scalps, Hollywood Chainsaw Hookers, Evil Toons), Fred Olen Ray comprend très tôt que le marché évolue. Les chaînes câblées et la vidéo réclament des films courts, peu chers et suffisamment suggestifs pour capter l’attention sans franchir la ligne de la pornographie. Le « bikini movie » devient alors une réponse idéale. Héritier lointain des « beach movies » innocents des sixties, ce sous-genre mutera sous sa caméra en un produit parfaitement formaté : des comédies légères, de l’érotisme soft et une efficacité industrielle. Des titres comme Bikini Summer, Bikini Beach Race, Bikini Squad ou Bikini Airways illustrent parfaitement cette formule à base de budgets minuscules, de tournages express et de castings composés de mannequins et de playmates. Bikini Frankenstein respecte strictement la même recette, et comme pour les autres films de cette collection produite à la chaîne, Ray utilise le pseudonyme de Nicolas Medina, nom du personnage qu’interprète Vincent Price dans La Chambre des tortures.

En tout début de métrage, le docteur Victor Frankenstein (Frankie Cullen) est surpris en train de coucher en pleine classe avec Debbie (Alexis Texas) une de ses étudiantes peu farouches. Or celle-ci n’est autre que la fille du recteur (Ted Newsom). Immédiatement renvoyé de l’établissement, Frankenstein retourne dans sa Transylvanie natale et y poursuit ses expériences. Entre deux parties de jambes en l’air avec son avenante assistante Ingrid (Brandin Rackley), il essaie de ramener à la vie un corps fraîchement subtilisé à la morgue, celui d’une belle inconnue qu’il a baptisée Eve. Alors qu’il pense avoir échoué, après maintes autres tentatives infructueuses, la créature se réveille, pleine d’une libido ardente qui ne demande qu’à être assouvie. La première à tomber dans son étreinte torride est Ingrid. Car Eve est manifestement très attirée par les représentantes du sexe féminin, et tout particulièrement l’assistante de Frankenstein. Lorsque Victor s’apprête à retourner en Amérique pour présenter sa découverte à ses éminents collègues, les choses ne tardent pas à dégénérer.

Une créature de rêve ?

Les scènes érotiques sont intégrées de manière souvent très artificielle à cette intrigue qui, du reste, aurait bien du mal à tenir la route par elle-même. L’amateur y trouvera son comptant de sensations, tant Fred Olen Ray expose les chairs avec générosité, même si les nombreuses galipettes du film restent dans le domaine de l’érotisme soft. Le film existe d’ailleurs dans deux versions : le montage complet original de 81 minutes, et une variante beaucoup plus sage qui ne dure que trois quarts d’heure. Les acteurs jouent comme des savates, mais ce n’est pas bien grave, dans la mesure où personne – ni l’équipe du film ni les spectateurs – ne prend cette histoire au sérieux. Nous avons donc droit à un docteur de Frankenstein de pacotille qui ressemble à Thierry Lhermitte dans Le Père Noël est une ordure, à des scientifiques faussement sérieux engoncés dans des costumes de location, à une assistante délurée au faux accent tyrolien ou encore à une créature muette comme une carpe qui, du haut de son mètre 75, domine le reste du casting avec son impressionnante silhouette. On note aussi la présence de Christine Nguyen, habituée à ce genre de gauloiseries (Bikini Girls From the Lost Planet, Tarzeena, Bikini Jones and the Temple of Eros et plus d’une centaine d’autres titres de cet acabit). Ce Bikini Frankenstein fauché et simpliste parviendra à dérider sans prétention ceux qui accepteront de se prendre au jeu sans placer leurs attentes trop haut.

 

© Gilles Penso

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