DEMONICUS (2001)

Un jeune homme est possédé par l’esprit d’un gladiateur maléfique qui le pousse à assassiner ses amis pour pouvoir revenir d’entre les morts…

DEMONICUS

 

2001 – USA

 

Réalisé par Jay Woelfel

 

Avec Gregory Lee Kenyon, Venesa Talor, Brannon Gould, Kyle Tracy, Jennifer Capo, Allen Nabors, Candace Korslak, Dominic Catrambone, Val Perez

 

THEMA DIABLE ET DÉMONS I SAGA CHARLES BAND

Le début des années 2000 est une période de vaches maigres pour Charles Band et sa compagnie Full Moon. Les budgets – déjà anémiques – se réduisent encore, le marché vidéo n’est pas aussi florissant qu’avant. Mais Band n’est pas du genre à baisser les bras. Il s’associe donc au producteur David S. Sterling (grand spécialiste comme lui des séries B désargentées) et monte le projet Demonicus. Confié à Tim Sullivan, le scénario est une sorte de variante champêtre autour du concept de l’inénarrable Curse of the Faceless Man d’Edward L. Cahn. Restrictions obligent, le film est tourné au format vidéo avec une enveloppe minuscule de 16 000 dollars, et c’est Jay Woelfel, futur réalisateur de Future Cop 6, qui hérite du bébé. Charge à lui de signer un film qui ressemble à peu près à quelque chose dans de telles conditions. Il s’installe donc avec sa petite équipe pendant neuf jours dans l’Angeles National Forest et fait ce qu’il peut. Une difficulté supplémentaire est liée à la présence de l’actrice Venesa Talor. En procès avec Band à cause de démêlées autour du projet Blood Dolls, l’ex-tête d’affiche de Femalien s’impose dans Demonicus pour des raisons contractuelles (Band lui doit un tournage avant fin 2001), ce qui crée des tensions supplémentaires pendant le tournage.

Jay Woelfel tente ici de faire passer la montagne californienne pour les Alpes italiennes, ce qui demande déjà une certaine indulgence de la part des spectateurs. James et sa petite amie participent à une randonnée entre amis, chacun espérant atteindre en premier le camping et remporter le défi. Compétiteur acharné, James impose un rythme infernal et décide de diviser le groupe, persuadé que la victoire se mérite. Épuisée, sa compagne – bien plus citadine que sportive – s’accorde une petite pause tandis que James s’éloigne et découvre l’entrée d’une vaste grotte. À l’intérieur, il met au jour un trésor intact d’artefacts romains… et le cadavre momifié d’un ancien gladiateur, figé dans son armure antique. Fasciné, le jeune homme s’empare du casque et le pose sur sa tête. Il libère alors Tyranus, l’esprit maléfique qui hante la grotte et prend possession de son corps. Transformé aussitôt en gladiateur diabolique, armé des reliques suspendues aux parois de la caverne, James est désormais un prédateur implacable. Tous ceux qui s’apprêtent à croiser sa route sur la montagne deviendront ses proies, tandis que la randonnée amicale s’apprête à se muer un sanglant combat pour la survie…

Gladia(termina)tor

Le statut de nanar indécrottable du film s’affiche dès les premières minutes. Lorsque James enfile le casque, agite une épée dans les airs et grimace en criant « Je suis Tyranus ! », plus aucun doute n’est permis : Demonicus nous fera beaucoup rire au second degré ou nous affligera profondément… voire les deux simultanément. Nous aurons également droit à des faux raccords dignes d’Ed Wood, notamment lorsque deux personnages courent dans les bois au milieu de la nuit noire puis se retrouvent quelques secondes plus tard en plein soleil dans le même décor. Même les effets gore (bras coupé, jambe tranchée, décapitation) sont involontairement drôles, Jay Woelfel sollicitant des accessoires en latex et des jets de faux sang bien peu convaincants. Après chacune de ses exactions, notre gladiateur en folie récupère les membres sectionnés de ses victimes et les réunit dans une espèce de marmite qu’il remue avec un os en psalmodiant des incantations en pseudo-latin pour un rituel visant à ressusciter le squelette antique. Le réalisateur tente bien de dynamiser sa mise en scène en jouant avec les gros plans et avec les reflets dans les lunettes ou en concoctant un climax dégoulinant à souhait, mais rien n’y fait : Demonicus est une véritable catastrophe artistique, parachevée par des effets numériques affreux. Cela dit, on peut reconnaître au film l’originalité de son concept. Ce n’est pas tous les jours qu’on voit un serial killer en jupette et en armure qui court dans la montagne pour démastiquer ses camarades !

 

© Gilles Penso

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