DORAEMON ET LE CHÂTEAU SOUS-MARIN (2026)

La pop star rétrofuturiste de l’animation japonaise nous entraîne dans une odyssée aquatique pleine de surprises et de mystères…

EIGA DORAEMON SHIN NOBITA NO KAITEIKI GANJÔ

2026 – JAPON

Réalisé par Tetsuo Yajima

Avec les voix de Wasabi Mizuta, Megumi Ôhara, Yumi Kakazu, Subaru Kimura, Tomokazu Seki, Shoya Chiba, Yûki Hirako, Ryô Hirohashi, Kenta Sakai, Airi Taira

THEMA MONSTRES MARINS

Peu connu en France, malgré son statut officiel d’ambassadeur du dessin animé japonais et un passage à la Maison du Japon en 2016, le personnage de Doraemon est une véritable icône au Pays du soleil levant et dans d’autres pays comme l’Espagne. Créé en 1969 par le mangaka Fujiko F. Fujio (1933-1996), lui-même fan d’Osamu Tezuka et d’Astro Boy, dont on reconnaît la même ligne claire, il bénéficie depuis 2011 de son propre musée dans la ville de Kawasaki. Fort d’un succès quasi immédiat, le sympathique et kawaï chat-robot bleu venu du 22ème siècle, a rencontré son public dès ses débuts, et s’est durablement installé dans la vie des Japonais. Dès les années 80, une série télé produite par Shin-ei Animation verra le jour avec plus de 1000 épisodes, et un film sortira au cinéma chaque année. Les jeux vidéo ne seront pas en reste avec des dizaines de titres parus dès les années 90. Lors de toute visite au Japon, il est donc impossible d’échapper aux publicités et produits dérivés qui font partie du quotidien des enfants comme des adultes jusque dans les packagings de nourriture. En France, le manga original sera publié par Kana Editions (45 volumes entre 2007 et 2018) mais dans l’hexagone, pourtant grand consommateur de mangas et d’animés de qualité, la franchise nippone n’émergera pas de la masse des titres phares déjà sur le marché comme Dragon Ball, Evangelion, Saint Seiya (Les Chevaliers du zodiaque) ou One Piece. Ce 45ème long-métrage, adapté du manga d’origine, tout comme Nobita et le diabolique château sous-marin (1983) de Tsutomu Shibayama (1941-2026), dont il est le remake, est le premier à sortir en salles en France.

Alors que les vacances battent leur plein, le jeune Nobita doit finir ses devoirs avant d’être autorisé à partir camper avec ses amis. Doraemon, qui veille sur son protégé, fait tout son possible pour l’encourager, mais sans succès. C’est finalement entouré de ses compagnons – le brutal et bagarreur Gian, ou Suneo son rival plus fortuné – que le jeune garçon va arriver à terminer sa tâche grâce aux explications de Shizuka, sa meilleure amie, dont on sait qu’elle deviendra un jour sa femme. Ainsi le groupe, confié à la garde de Doraemon, va pouvoir partir à l’aventure. Il n’est pas question ici des origines, car depuis le temps, tout le monde est censé savoir qu’il a été envoyé par le futur petit-fils de Nobita pour améliorer son comportement afin que ses échecs scolaires n’impactent pas à long terme l’avenir de sa famille. Mais cela n’est en rien un obstacle pour rentrer avec plaisir dans cette histoire riche en rebondissements qui nous entraîne dans les décors fabuleux en 2D des profondeurs abyssales des paysages océaniques où se dévoilent bien des mystères : l’existence de la cité sous-marine Atlantis, le Triangle des Bermudes, ou encore le Dieu Poseidon qui n’est autre qu’une IA qui contrôle les bombes atomiques capables de détruire la planète. Instructif et ludique, nous retrouvons ici tous les thèmes habituels des animés chers aux grands maîtres comme Rintaro, Takahata ou Miyazaki : menace nucléaire, réflexions sur les diverses utilisations de l’Intelligence artificielle, écologie, pacifisme, sauvegarde de la nature et des océans. Le tout saupoudré de bon sens pour un monde meilleur à bâtir main dans la main : ne pas se fier aux apparences, bienveillance pour ses amis, tendresse à l’égard de tous, et compassion envers ceux qui souffrent car « tant que nous aurons du cœur, tous les peuples du monde seront unis. »

Un bon choix ou un choix juste ?

Si ce personnage s’avère être si populaire au Japon, c’est aussi que Doraemon est en harmonie avec le quotidien des enfants. L’animé véhicule de véritables leçons de vie comme l’acceptation de l’échec et des erreurs pour aller de l’avant, la responsabilité de chaque instant en raison de son impact sur l’avenir. En aidant Nobita à bien grandir et à persévérer, le chat-robot bleu aide tous les enfants en douceur, comme en témoigne ce dialogue entre Nabuto et Buggynette, une voiture intelligente : « – Pourquoi les humains sont-ils contradictoires ? – C’est plus fort que nous. Dans certaines situations on se sacrifie pour ce qui nous semble juste, même si ce n’est pas toujours bon pour nous. – Il y a une différence entre un choix bon et un choix juste ? – Ça dépend de ce que dit ton cœur. – Le cœur, l’organe qui fait circuler le sang ? – Pas exactement. – Je ne vois pas de différence entre bon et juste. Pour moi c’est un bug système. » Il va sans dire que les humains sont compliqués et difficiles à comprendre, que rien n’est tout noir ou tout blanc, et Doraemon joue subtilement des paradoxes et des couleurs pour nous enchanter avec sa poche ventrale quadridimensionnelle remplie de gadgets délirants qui sont autant de miracles d’inventivité, comme la « porte partout » qui s’ouvre magiquement sur l’ailleurs souhaité ou le « rayon acclimatant » qui permet par exemple de respirer sous l’eau et de voir dans le noir. Les géants de l’animation japonaise nous ont habitués à des animés remplis de poésie qui ne sont pas seulement adressés aux enfants, et c’est le cas de Doraemon qui invite les fans de manga de tous les âges dans les salles de cinéma.

© Quélou Parente

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