DRACULA PRINCE DES TENEBRES (1966)

Ce second Dracula de la Hammer imagine une nouvelle intrigue se passant des services du chasseur de vampires Van Helsing

DRACULA PRINCE OF DARKNESS

1966 – GB

Réalisé par Terence Fisher

Avec Christopher Lee, Barbara Shelley, Andrew Keir, Francis Matheras, Thorley Walters

THEMA DRACULA I VAMPIRES I SAGA DRACULA DE LA HAMMER

Terence Fisher fait très fort avec cette séquelle du Cauchemar de Dracula qui commence par le fameux dénouement du film original, au cours duquel Van Helsing venait à bout de Dracula en l’exposant à la lumière du soleil. Peu après, deux couples anglais font une excursion au château de Carlsbald, dans les Carpathes, appartenant au défunt comte Dracula. Ils y sont abandonnés par leur cocher, apeuré comme toujours en pareille circonstance. Klove, l’ancien serviteur de Dracula, invite cordialement les quatre vacanciers à séjourner quelques temps au château. Dès lors, le jeune Kent, son épouse Diana, son frère Allan et sa belle-sœur Helen vont connaître les heures les plus éprouvantes de leur vie. Au menu: égorgements, baisers mortels et coups de pieu dans le cœur…

Pas de Peter Cushing/Van Helsing ici, mais un moine excentrique aux méthodes expéditives, le père Sandor,  et deux couples prisonniers du château de Dracula et de son maléfique serviteur. Thorley Walters reprend ici le rôle de Renfield tenu par Dwight Frye en 1931 (le personnage avait été évacué du scénario du Cauchemar de Dracula par souci de gain de temps et de concision). Barbara Hershey (dont tous les hurlements furent doublés par Susan Farmer) est étonnante dans le rôle à deux facettes d’Helen, la londonienne apeurée muée en aguichante femme-vampire. Mais à force de se concentrer sur tous ces personnages « secondaires », Fisher néglige un peu trop sa « vedette », autrement dit Christopher Lee qui ne fait que de brèves (mais non moins marquantes) apparitions et campe un Dracula tellement bestial qu’il ne prononce plus une seule phrase de dialogue.

Un vampire muet et bestial

En fait, le scénario de Jimmy Sangster lui réservait bien quelques répliques, mais Lee les trouva ineptes et préféra finalement n’en prononcer aucune. C’est bien dommage. Sa diction impeccable et sa voix ténébreuse méritaient autre chose que ces sifflements et autres grognements plus proches du fauve affamé que du comte vampire raffiné décrit par Bram Stoker. Pour gagner du temps et de l’argent, la Hammer s’efforça de tourner simultanément Dracula prince des ténèbres et Raspoutine le moine fou, les deux films bénéficiant du coup des mêmes décors et de plusieurs comédiens similaires, Christopher Lee en tête. Le final de Dracula prince des ténèbres, c’est à dire la mort – provisoire, évidemment – du vampire dans le lac glacé de son château, manque sérieusement de cohérence. Mais Sangster prouve une fois de plus son imagination sans borne en écrivant une séquence aussi extrême, et l’aficionado attend dès lors la future résurrection du vampire avec impatience, laquelle surviendra dans Dracula et les femmes deux ans plus tard.

 

© Gilles Penso

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