LE GENDARME ET LES EXTRATERRESTRES (1978)

Quand le Gendarme de Saint-Tropez cherche à surfer sur la vogue de Rencontres du Troisième Type, le résultat est forcément… étrange !

LE GENDARME ET LES EXTRA-TERRESTRES

1978 – FRANCE

Réalisé par Jean Girault

Avec Louis de Funès, Michel Galabru, Jean-Pierre Rampal, Maurice Risch, Maria Mauban, Jacques François, France Rumilly

THEMA EXTRA-TERRESTRES

Cinquième et avant-dernière aventure d’une « saga » dont le premier épisode, Le Gendarme de St Tropez, avait propulsé Louis de Funès au sommet de la gloire en 1964, Le Gendarme et les Extraterrestres marque l’essoufflement considérable d’une série sympathique mais sans éclat. Engoncé dans l’éternel uniforme du maréchal chef des logis Cruchot, de Funès y apparaît amaigri et fatigué, malgré l’indéniable énergie qu’il continue à déployer face à l’adjudant Gerber, alias Michel Galabru. Le reste de la troupe s’est étrangement modifié. Christian Marin et Jean Lefebvre ne sont plus de la partie, ni même Claude Gensac, partenaire régulière de De Funès à l’écran, ici remplacée par une peu convaincante Maria Mauban.

S’adaptant gauchement à la vogue science-fictionnelle cinématographique déclenchée par La Guerre des Etoiles et Rencontres du Troisième Type, cet opus poussif commence lorsque Cruchot et son adjoint Beaupied (Maurice Rich) tombent en panne sur une route de campagne. Alors que Cruchot s’efforce de faire redémarrer leur capricieuse Méhari, Beaupied s’enfonce dans les bois avoisinants et aperçoit une soucoupe volante (autrement dit une maquette grotesque incrustée n’importe comment). Personne ne croit au témoignage du gendarme ébahi, jusqu’à ce que Cruchot n’ait la même vision quelques jours plus tard. La presse et la télévision sont alors sur le qui vive, ce qui nous vaut une grosse séquence de sponsoring intensif digne de Wayne’s World.

L'inoxydable popularité de Louis de Funès

Bientôt, le doute n’est plus permis : les extra-terrestres ont débarqué à Saint-Tropez ! Le premier à montrer le bout de son nez est incarné par un Lambert Wilson alors débutant (qui a probablement effacé depuis ce film embarrassant de son CV !). Les siens ont débarqué pour étudier les mœurs des humains. « Nous avons choisi Saint-Tropez pour son échantillonnage de races pendant l’été », dit-il avec un sérieux papal. Ces aliens ethnologues sont capables de lancer des rayons destructeurs avec leurs yeux, sonnent creux quand on les frappe, boivent de l’huile de vidange, sont équipés de montres qui font bip bip et peuvent emprunter l’apparence de n’importe quel humain, d’où une série de quiproquos patauds. Au besoin, ils prennent des allures de bimbos en bikini qui séduisent les gendarmes sur la plage puis s’enfuient en sautant au ralenti comme Super Jamie. Au cours d’une séquence hallucinante d’assaut des gendarmes dans un restaurant, deux extra-terrestres désintègrent entièrement les lieux, jusqu’à ce que l’un d’eux, touché par l’eau d’un aquarium qui a explosé, se mette à tituber sur la plage en émettant d’étranges bruits métalliques, puis tombe littéralement en morceaux sous les yeux d’un Galabru éberlué. Les rares gags réussis du film sont moins dus au scénario qu’aux performances de De Funès, comme lorsque ce dernier se déguise en nonne et se retrouve obligé de chanter dans une chorale. Le quiproquo final (qui sont les vrais gendarmes, quelle est la vraie soucoupe ?) est largement ruiné par la pauvreté des effets spéciaux d’Eurocitel. Le film attira pourtant six millions et demi de spectateurs dans les salles, preuve de l’inoxydable popularité de Louis de Funès.

 

© Gilles Penso

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