CHITTY CHITTY BANG BANG (1968)

Une comédie musicale fantasmagorique concoctée par l'auteur et le producteur de la saga James Bond

CHITTY CHITTY BANG BANG

1968 – GB

Réalisé par Ken Hughes

Avec Dick Van Dyke, Sally Ann Howes, Lionel Jeffries, Gert Fröbe, Anna Quayle, Benny Hill, James Robertson Justice

THEMA CONTES

Chitty Chitty Bang Bang : derrière ce titre étrange se cache une voiture incroyable qui roule, vole grâce à des ailes dépliées et des hélices, et navigue même en mer, invention que le professeur Caractacus Potts (Dick Van Dyke, héros de Mary Poppins) vient de mettre au point. Même si elle semble annoncer Un Amour de Coccinelle, cette comédie musicale fantastique n’est pas produite par Walt Disney mais par Albert R. Broccoli, le père de la série des James Bond. Le film est d’ailleurs tiré d’un roman de Ian Fleming, l’écrivain qui donna naissance en 1952 à l’agent 007. Ce n’est pas le seul point commun entre ce conte imaginatif et la saga de l’agent secret britannique. Gert Froebe et Desmond Llewelyn, interprètes respectifs de Goldfinger et de Q, sont ici de la partie, tout comme le talentueux chef décorateur Ken Adam et le génial créateur d’effets spéciaux John Stears. Pour autant, Chitty Chitty Bang Bang n’a pas les allures d’un James Bond pour enfants mais plutôt d’une féerie délicieusement kitsch et colorée, dont certaines séquences, notamment la visite dans une usine de bonbons, évoquent beaucoup Charlie et la Chocolaterie. Ce n’est pas tout à fait un hasard, dans la mesure où le romancier Roald Dahl participa à l’écriture du scénario.

Dès son générique, le film de Ken Hugues annonce son budget colossal (estimé à dix millions de dollars, une somme considérable à l’époque). Les trois courses automobiles à travers le monde auxquelles nous assistons, emplies de véhicules hétéroclites, de décors colossaux et d’imposante figuration costumée, ont bien dû coûter à elles seules le prix de deux ou trois longs-métrages de série B. Gagnante de toutes les compétitions, une vénérable voiture de course finit ses jours dans un incendie après avoir raté un virage et sa carcasse échoue chez un ferrailleur. Ce sont les enfants de l’inventeur Potts qui le convainquent d’en faire l’acquisition pour la retaper. Quelques jours plus tard, le véhicule est flambant neuf et la petite famille part se prélasser à la plage, en compagnie de la séduisante Truly Scrumptious (Sally Ann Howes) qui n’est pas insensible au charme excentrique de Caractacus. Celui-ci invente alors une histoire extravagante au cours de laquelle des pirates tentent de s’emparer de la voiture, soudain dotée de la capacité de voguer et de voler. Nos protagonistes se retrouvent ainsi propulsés dans un royaume bulgare où tous les enfants sont contraints de se cacher dans les souterrains de la ville…

Un émerveillement constant

Chitty Chitty Bang Bang est un émerveillement constant, orné d’images follement poétiques servies par de jolis trucages visuels, notamment la voiture qui vole dans le ciel étoilé ou le ballon dirigeable qui survole le château médiéval. Habitués aux films Disney (notamment l’excellent Livre de la jungle sorti un an plus tôt sur les écrans), les compositeurs Richard et Robert Sherman ont concocté pour Chitty Chitty Bang Bang des chansons un peu moins inspirées qu’à leur habitude, malgré un numéro musical extraordinaire digne de Gene Kelly au milieu d’une fête foraine. Succès colossal, le film entra dans la légende et donna naissance sur scène à un spectacle musical très populaire.

 

© Gilles Penso

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