Le couple vedette de Mission Impossible part sur la Lune pour une odyssée spatiale inoubliable

SPACE 1999

1975/1977 – GB

Créée par Gerry et Sylvia Anderson

Avec Martin Landau, Barbara Bain, Nick Tate, Zienia Merton, Barry Morse, Catherine Schell, Tony Anholt, Prentis Hancock, Clifton Jones et Anton Philips

THEMA SPACE OPERA

Si en 1969 l’Amérique pose le pied sur la Lune, six ans plus tard en 1975 l’exploration spatiale par les hommes marque le pas. En juillet de la même année, la mission Apollo-Soyouz permet néanmoins la rencontre des premiers astronautes américains et cosmonautes russes dans l’espace. A la télévision, Star Trek avait déjà offert une vision optimiste et cosmopolite de l’espace quelques années auparavant. Cette même vision va être partiellement reprise dans Cosmos 1999, autre série phare de science-fiction diffusée en nos contrées dès le mois décembre 1975 le samedi après-midi sur TF1. Créée par Gerry et Sylvia Anderson, auxquels nous devons bien entendu Les Sentinelles de l’Air ou encore Capitaine ScarlettCosmos 1999 narre les aventures des 311 habitants de la base lunaire Alpha. Dans l’épisode pilote, le commandement de cette base échoit au charismatique commandant John Koenig (Martin Landau) le 9 septembre 1999. Bientôt, les déchets radioactifs, stockés non loin du complexe, provoquent une violente explosion thermonucléaire qui propulse la Lune hors de l’attraction terrestre et du système solaire. Coincés et sans espoir de rejoindre la Terre, les « alphans » commencent alors une longue déambulation à travers l’espace à la recherche d’une planète susceptible de leur offrir un nouveau foyer.

Lors de sa diffusion, Cosmos 1999 connut un immense succès en France, en Grande-Bretagne ou encore en Italie. Plusieurs points expliquent ce fait. A commencer par le générique disco ultra-rythmé et le réalisme des décors, l’esthétique de la base Alpha rappelant beaucoup le look de la base lunaire Clavius, que l’on aperçoit dans le 2001 de Kubrick. Les fameux « Aigles » évoquent également les navettes aperçues dans L’Odyssée de l’Espace. Certains vaisseaux alien ressemblent d’ailleurs beaucoup au Discovery imaginé par Arthur C. Clarke et Stanley Kubrick. Certains techniciens de 2001 ont travaillé sur Cosmos. L’une des autres forces de la série réside dans la qualité de son casting, à commencer par le duo vedette que forment Martin Landau et son épouse d’alors Barbara Bain, mémorable Docteur Helena Russel. Si le premier incarne l’autorité, la seconde interprète la tempérance en tant que médecin de la base. N’oublions pas non plus Barry Morse, parfait dans le rôle du professeur Victor Bergman, l’officier scientifique de la base Alpha, ainsi que Nick Tate dans le rôle d’Alan Carter, le sympathique pilote en chef des Aigles. Au cours de la première saison, le casting de la série sera épaulé par une pléiade d’acteurs renommés dont Christopher Lee dans le très bon “Direction Terre” ou encore Peter Cushing, deux épisodes plus loin, dans “Le Maillon”.

Perdus dans l'espace…

Si la première saison s’axe notamment autour de thèmes philosophiques, la seconde misera beaucoup plus sur le spectaculaire. Un choix qui est notamment dû au changement de producteur. Pour adapter la série au public de l’Oncle Sam, l’américain Fred Freiberger, qui a officié sur la troisième saison de Star Trek, remplace Gerry Anderson et procède à de multiples changements. Le look intérieur de la base et les costumes sont modifiés mais surtout, plusieurs acteurs, entre autres Barry Morse, ne sont pas reconduits pour la seconde saison sans qu’une explication ne soit donnée. D’autres, comme Tony Anholt (vu dans Poigne de Fer et Séduction, autre production de Gerry Anderson), dans le rôle du chef de la sécurité Tony Verdeschi, et la belle Catherine Schell (James Bond Girl d’Au Service Secret de Sa Majesté), qui joue la métamorphe Maya, font leur entrée. Catherine Schell était déjà présente dans l’épisode “Le Gardien du Piri” dans la première saison. Malheureusement, ces changements s’avèrent loin d’être judicieux et la seconde saison ne peut se départir d’un côté kitsch qui n’a pas supporté les affres du temps. Quelques (très) rares épisodes de cette deuxième saison surnagent, dont “Déformation spatiale” et le diptyque “Un message d’espoir” où d’horribles aliens font croire aux alphans qu’ils ont les moyens de les renvoyer sur Terre. Si une troisième saison de 14 épisodes était pourtant planifiée, les tournages devant commencer à l’automne 1977, Cosmos 1999 s’arrête après deux saisons et 48 épisodes. Néanmoins, plus de 40 ans après son retrait, elle demeure, avec Star Trek, l’une des principales références de la science-fiction spatiale diffusée à télévision dans le dernier quart du vingtième siècle.
 
© Antoine Meunier

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