INVASION PLANÈTE X (1965)

Godzilla et Rodan affrontent le redoutable dragon tricéphale Ghidrah dans cette fantaisie de SF pop destinée au jeune public

KAIJU DAISENSO

 

1965 – JAPON

 

Réalisé par Inoshiro Honda

 

Avec Nick Adams, Akira Takarada, Jun Tazaki, Akira Kubo, Kumi Mizuno, Keiko Sawai, Yoshio Tsuchiya

 

THEMA DINOSAURES I EXTRA-TERRESTRES I DRAGONS I SAGA GODZILLA

 

Ghidrah avait donné le ton : désormais, les films de la série Godzilla s’adressent principalement aux enfants et le monstre vedette est un gentil défenseur de l’humanité s’insurgeant contre les menaces de toutes sortes. Invasion Planète X s’enfonce dans cette brèche, redonnant la vedette à trois des quatre créatures du film précédent. Mothra est même envisagé pour compléter la joyeuse équipe, mais les contraintes budgétaires éliminent finalement du script la chenille géante. Pendant le prologue, deux astronautes se rendent sur la planète X, ravagée par le redoutable monstre tricéphale Ghidrah (qui n’aura donc pas tardé à refaire parler de lui). Ils acceptent d’aider les habitants de cette planète en faisant voyager depuis la terre, en vaisseau spatial, Godzilla et Rodan afin de vaincre Ghidrah. Extraits de l’océan et enfermés dans des bulles par de jolies soucoupes volantes en pastique, nos monstres vedettes ne sont à vrai dire que des figurants durant la première heure du film, malgré un bref affrontement sur la planète X.

L’intrigue concerne surtout le face-à-face entre les Terriens et les habitants de la planète X, vêtus de skaï, portant des visières noires sur les yeux, et parlant parfaitement notre langue, même entre eux. Ils vivent sur un satellite où l’eau est aussi rare que l’or sur Terre, et toutes leurs femmes ont le même visage, charmant au demeurant. De toutes façons, chez eux, l’amour est interdit, ce qui nous laisse dans l’expectative quant à leurs moyens de reproductions. Toujours est-il qu’ils ont tendu un piège aux humains. Ils comptent en effet utiliser les trois monstres pour envahir la Terre en les contrôlant avec des ondes radio. La traitrise est donc de taille. La dernière demi-heure nous donne enfin droit aux attaques spectaculaires des trois monstres au Japon, maquettes de villes et de paysages variés à l’appui.

La danse de la victoire de Godzilla

Au cours d’une scène qui semble désormais obligatoire, les maquettes de tanks défilent et tirent dans tous les sens, accompagnés pesamment par la musique martiale d’Akira Ifukube. Lorsqu’il s’en prend à Ghidrah avec l’aide de son compagnon d’arme Rodan, Godzilla multiplie des grimaces et des mimiques qui lui attirent à coup sûr les grâces d’un tout jeune public rieur, tandis que les partisans de la noirceur du tout premier Godzilla nagent forcément en pleine perplexité. Le producteur Tomoyuki Tanaka insiste même auprès du réalisateur Inoshiro Honda et du responsable des effets spéciaux Eiji Tsuburaya pour que Godzilla se livre à quelques pas de danse joyeux après avoir vaincu Ghidrah une première fois ! D’ailleurs, son design a encore été modifié, toute agressivité ayant été gommée au profit d’une bonhomie presque disneyenne. Au final, un jeune savant parvient à neutraliser les ondes sonores qui contrôlent les monstres. Rodan et Godzilla, libérés de l’influence des extra-terrestres, livrent ainsi un ultime combat contre Ghidrah et en sortent vainqueurs. Les trois soucoupes volantes explosent, le dragon à trois têtes s’enfuit dans le ciel… Quant à Godzilla et Rodan, ils restent couchés sous la surface de la mer, attendant tranquillement le prochain épisode. On note la présence en tête d’affiche du comédien américain Nick Adams, qui venait de tenir la vedette de Frankenstein vs. Baragon, et qui s’éteignit quelques mois seulement après la fin du tournage.

 

© Gilles Penso



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