GODZILLA VS MEGAGUIRUS (2000)

En voulant détruire Godzilla, des scientifiques créent un trou noir qui provoque une invasion d’insectes géants

GOJIRA TAI MEGAGIRASU : JÎ SHÔMETSU SAKUSSEN

 

2000 – JAPON

 

Réalisé par Masaaki Tezuka

 

Avec Misato Tanaka, Shôsuke Tanihara, Masatô Ibu, Yuriko Hoshi, Toshiyuki Nagashima, Kôichi Ueda

 

THEMA DINOSAURES I INSECTES ET INVERTÉBRÉS I SAGA GODZILLA

Avec Godzilla vs Megaguirus, l’ère « Millennium » de la saga Godzilla affirme sa singularité : non seulement les films ne se suivent pas mais en outre ils ne respectent pas du tout la même continuité, chaque nouvel épisode ignorant les péripéties du précédent, comme si les trames se déroulaient dans une série d’univers alternatifs. Ainsi cet opus commence-t-il par des actualités télévisées racontant les méfaits de Godzilla en 1954 (via une reconstitution modernisée de quelques scènes du film original), puis en 1966 où on le voit se nourrir d’énergie atomique. Nous apprenons que le gouvernement a décidé de déplacer la capitale du Japon à Osaka, de fermer les usines nucléaires et de développer de nouvelles sources d’énergie. Or Godzilla ressurgit en 1996, détruit tout sur son passage et occasionne plusieurs morts. Le « roi des monstres » n’est donc plus l’être quasi-christique du film précédent mais à nouveau une force de la nature indestructible, se soustrayant aux notions de bien et de mal comme dans le premier film d’Inoshiro Honda.

La jeune major Kuriko, qui a vu Godzilla éliminer toute son escadrille, voue dès lors une haine au grand monstre qui n’est pas sans rappeler celle du capitaine Achab de « Moby Dick ». L’action nous transporte ensuite en 2001, époque où les scientifiques semblent avoir trouvé le moyen de détruire Godzilla à l’aide d’un trou noir miniaturisé. Mais en effectuant des tests, ils ouvrent un trou de ver qui laisse échapper un insecte géant. Avant de repartir d’où il vient, ce dernier pond un œuf qui atterrit dans les égouts de Tokyo. Une affreuse créature en surgit bientôt – sorte de croisement entre un crustacé, une libellule et un scorpion – et commence à massacrer les passants. Les scènes d’horreur qui s’ensuivent, inspirées visiblement d’Aliens, surprennent dans le cadre d’un Godzilla, d’autant que le ton de cet opus semblait être adapté à un jeune public.

Combat au sommet

Le film enchaîne dès lors les séquences très ambitieuses, comme le major qui s’accroche au flanc de Godzilla en pleine mer pour lui coller un traceur, le quartier de Shibuya en partie immergé sous les flots ou les nuées d’insectes géants qui s’attaquent à Godzilla sur une île. Mais le plat de résistance reste à venir : Megaguirus, un insecte titanesque au faciès reptilien, à la peau rugueuse comme celle d’un crustacé et à la queue de scorpion, qui tient son nom d’une créature préhistorique réelle, la libellule géante Meganeura. A l’instar de Rodan, il a la capacité de faire s’écrouler les buildings en provoquant des hautes fréquences avec la vibration de ses ailes. Un combat au sommet entre le redoutable invertébré et Godzilla est donc au menu, en plein centre de Tokyo, tandis que se dessine une romance un peu caricaturale entre la jolie major et un jeune inventeur maladroit. Privilégiant l’usage intensif de maquettes pour visualiser les destructions de la ville, le réalisateur Masaaki Tezuka expérimente diverses techniques de prises de vues, alternant les ralentis et les accélérés, mêlant les effets numériques et physiques, et acheminant le film vers un final totalement ouvert laissant imaginer que Godzilla a été aspiré par un trou noir. Mais le film suivant ignorera cette péripétie pour repartir sur des bases à nouveau très différentes.

 

© Gilles Penso

 

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