PUPPET MASTER IV (1993)

Dans ce quatrième opus, les fameuses poupées tueuses deviennent des sortes de super-héroïnes liguées contre des entités démoniaques…

PUPPET MASTER IV

 

1993 – USA

 

Réalisé par Jeff Burr

 

Avec Gordon Currie, Chandra West, Jason Adams, Teresa Hill, Guy Rolfe, Felton Perry, Stacie Randall, Mike Wiles, Dan Zukovic

 

THEMA JOUETS I DIABLE ET DÉMONS I ROBOTS ET INTELLIGENCE ARTIFICIELLE I SAGA PUPPET MASTER

La première trilogie Puppet Master aura été le grand succès du producteur Charles Band. Dans la foulée du troisième opus, celui-ci décide donc de passer à la vitesse supérieure tout en continuant à capitaliser sur cette franchise à la popularité croissante. Sa première idée est un crossover qu’il baptise Puppet Master vs Demonic Toys et qu’il annonce officiellement lors du marché du film du Festival de Cannes en 1992. Mais le projet tombe à l’eau et Band revient à la charge avec un effet d’annonce encore plus spectaculaire : Puppet Master 4 sera un long-métrage au budget important destiné aux salles de cinéma. Le scénariste J.S. Cardone est chargé d’écrire ce Puppet Master : The Movie que Band envisage de réaliser lui-même. Mais cette option non plus n’est pas menée à terme. Il faut donc revoir les ambitions à la baisse et opter pour une solution plus expéditive, plus économique et un peu moins excitante : tourner simultanément Puppet Master 4 et 5 dans les mêmes décors et avec la même équipe, en à peine un mois, et revenir au marché que Full Moon Pictures connaît bien : la vidéo.

La réalisation de ce diptyque écrit à la hâte par une demi-douzaine de scénaristes est confiée à un spécialiste des séquelles de films d’horreur, Jeff Burr, qui s’est illustré avec les peu mémorables Massacre à la tronçonneuse 3 et Beau-père 2. Dans Puppet Master 4, le tranchant Blade, le colosse Pinhead, le perforant Tunneler, le bouffon Jester et le cow-boy Six-Coups sont réactivés par Rick Myers, un jeune expert en intelligence artificielle, et trois de ses amis scientifiques. Un nouveau venu se joint à la bande : Decapitron, un robot miniature dont les têtes varient au fil des armes qu’il utilise, échappé en fait d’une production de Charles Band qui ne vit jamais le jour. « Decapitron devait être un film produit par Empire », explique le superviseur des effets visuels David Allen. « C’était l’histoire d’androïdes qui changeaient de tête en fonction des missions qu’ils avaient à accomplir. Ce film n’a jamais abouti, et certains concepts ont été réutilisés pour l’un des personnages de Puppet Master 4. Nous avons donc créé une poupée qui s’appelle Decapitron et qui donne une idée assez précise des personnages qui avaient été imaginés pour le film. Chaque tête représente un état d’âme différent de André Toulon. » (1)

Place aux Totems

Tout ce beau monde affronte d’autres créatures de taille réduite, les Totems, des monstres buveurs de sang et quasi-invulnérables commandés par Sutehk, un sorcier adepte de la magie noire aux allures de squelette sous stéroïdes. Les Totems sont affublés d’une tête cuirassée hypertrophiée et d’une mâchoire garnie de dents acérées. Leurs mains et ses pieds arborent des griffes redoutables et leur corps musclé et reptilien est hérissé de pointes. David Allen prend une nouvelle fois en charge l’animation de cette galerie de personnages miniatures, épaulé par ses vieux complices Randy Cook et Chris Endicott. La stop-motion intervient principalement lors des séquences d’attaque des Totems, qui s’en prennent d’abord aux scientifiques d’un laboratoire de recherche puis surgissent d’un tableau Ouija, après une séance de spiritisme, pour agresser les jeunes protagonistes. L’animation en volume continue de fournir également plusieurs plans larges des poupées lorsqu’elles marchent ou sautent. On regrette toutefois que la technique fétiche de David Allen ne soit quasiment jamais sollicitée pour les corps à corps entre créatures. Les combats y auraient gagné en dynamisme et en énergie. Mais la stop-motion prend beaucoup de temps, d’où la sollicitation fréquente de marionnettes mécaniques à baguettes. Comme on peut s’y attendre, la fin de Puppet Master 4 est très ouverte et nous offre même une courte bande-annonce de l’épisode suivant.

 

(1) Propos recueillis par votre serviteur en avril 1998

 

© Gilles Penso

 

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