KOMODO VS COBRA (2005)

Un groupe d'écologistes militants s’aventure dans la jungle d’une île du Pacifique où sévissent des reptiles titanesques…

KOMODO VS COBRA

 

2005 – USA

 

Réalisé par Jim Wynorski

 

Avec Michael Paré, Michelle Borth, Ryan McTavish, Renee Talbert, Jerri Manthey, Ted Monte, Glori-Anne Gilbert, Rene Rivera

 

THEMA REPTILES ET VOLATILES

Après Boa Vs. Python, tout semblait possible en matière de crossover improbable. Alors pourquoi pas Komodo Vs. Cobra ? L’affiche, ramenant souvent le titre à la forme d’un logo KvC, cligne de l’œil sans complexe vers Aliens Vs. Predator et nous laisse espérer un combat titanesque entre deux monstrueux reptiles. Les cinq premières minutes du film sont généreuses et démarrent sur des chapeaux de roue. Une jeune femme et deux hommes courent à perdre haleine dans une jungle tropicale, poursuivis par un gigantesque varan de Komodo qui dévore l’un d’entre eux. À peine ont-ils le temps de souffler qu’un cobra grand comme le Monstre du Loch Ness jaillit de l’océan et en engloutit un autre…  Si une telle séquence est prometteuse sur le papier, elle s’avère tout juste risible à l’écran, étant donnée la piètre qualité des images de synthèse censées donner vie aux deux monstres. Superviseur des effets visuels, Scott Coulter (Spiders, Pterodactyles et même John Rambo) nous a pourtant habitué à mieux. Ici, chaque effet numérique – y compris les coups de feu qui se résument à des flash passablement incrustés – est un ratage en bonne et due forme, annulant l’impact de toutes les scènes d’action du métrage.

On ne saurait trop départager, d’ailleurs, ce qu’il y a de pire dans Komodo Vs. Cobra : les effets spéciaux, les comédiens, le scénario ou les dialogues (question du soldat : « chef, qu’est-ce que c’est ? », réponse de son supérieur : « un monstre que je vais tuer ! »). Les héros sont les membres actifs d’un groupe écologiste, « Notre Planète », embarquant avec eux une journaliste et son caméraman sur une île perdue dans le sud du Pacifique pour dénoncer les expériences qu’y pratique l’armée américaine sous le nom de code « Projet Carnivore » (tout un programme !). Assez vite, Susan Richardson (Michelle Borth), la fille de l’instigateur du projet, nous explique leur but : « développer un biocatalyseur pour stimuler la croissance des plantes en utilisant des fragments l’ADN animal. »

« Projet Carnivore »

Au départ, le savant philanthrope et sa gentille fille voulaient nourrir la planète entière en créant du maïs géant transgénique. Mais les méchants militaires ont préféré récupérer la matrice de croissance pour l’expérimenter sur des animaux. Les varans et cobras soumis au test se sont donc pris pour King Kong et sèment dès lors la terreur sur l’île, annihilant toute forme de vie autour d’eux. Le scénario nous promet ainsi des dizaines de monstres, mais nous n’en voyons en réalité que deux, lesquels s’affrontent enfin pendant le climax, comme on pouvait s’y attendre. Le combat n’a rien de palpitant. Car au-delà de la piètre qualité des images numériques, même pas dignes du plus basique des jeux vidéo, l’action se limite à quelques grognements et autres coups de gueule. Les seuls rares atouts du film sont finalement ses magnifiques décors naturels captés sur l’île hawaïenne de Kauai, qui a vu débarquer bien des équipes de tournage, notamment celle de Jurassic Park. Ces cascades, ces jungles touffues et ces monts verdoyants, soutenus par une partition emphatique à mi-chemin entre le western, James Bond et le film de jungle, sont indéniablement photogéniques. Mais bon, autant s’acheter une carte postale.

 

© Gilles Penso


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