APEX (2026)

Charlize Theron s’investit à fond dans ce survival sauvage à mi-chemin entre Cliffhanger et Les Chasses du comte Zaroff

APEX

 

2026 – USA / GB / ISLANDE

 

Réalisé par Baltasar Kormákur

 

Avec Charlize Theron, Taron Egerton, Eric Bana, Matt Whelan, Bessie Holland, Aaron Pedersen, Rob Carlton, Duncan Fellows, Julia Ohanessian, Niam Hogan

 

THEMA TUEURS

Même si le mot latin « apex » – qu’on pourrait traduire par « sommet » – nous semble parfaitement approprié à cette aventure sauvage basculant lentement mais sûrement vers l’horreur, on ne peut s’empêcher de penser qu’un autre titre eut été préférable. Car Apex est déjà le nom d’un jeu vidéo très populaire et de plusieurs films de science-fiction. Toujours est-il que John Logan, scénariste de la série The Purge, concocte ici un récit tendu qui ménage son lot de rebondissements, même s’il emprunte un terrain déjà maintes fois balisé avant lui. Le sentiment de déjà-vu ne concerne donc pas uniquement le titre, mais le film tout entier. La mise en scène est confiée à Baltasar Kormákur, ce qui semble logique dans la mesure où ce cinéaste d’origine islandaise est familier des récits de survie en milieu hostile. Nous lui devons notamment Survivre, Everest, À la dérive ou encore Beast, dans lequel Idris Elba affrontait un lion particulièrement agressif. En tête d’affiche, Charlize Theron s’implique à fond. Non contente de tenir le premier rôle d’Apex et d’en assurer la coproduction, l’athlétique quinquagénaire tient à emboîter le pas de Tom Cruise en exécutant elle-même la majorité des cascades et des nombreuses séquences d’escalade du film. À cette occasion, elle s’entraîne intensivement avec la grimpeuse professionnelle Beth Rodden. Pour lui donner la réplique, le choix s’arrête sur Taron Egerton, dont l’éclectisme lui fit interpréter pêle-mêle l’agent secret de Kingsman, le Robin des Bois de 2018 ou carrément Elton John dans Rocketman.

Le prologue vertigineux d’Apex, situé dans les montagnes de Norvège, nous ramène à l’époque de Cliffhanger et Vertical Limits. En quelques minutes se met en place le trauma que trimballera notre héroïne tout au long du récit. Cette mécanique narrative a fait ses preuves dans une infinité de films catastrophe des années 90 et sert donc de point de départ à Apex. L’intrigue redémarre cinq mois plus tard en Australie. En direction du parc national de Wandarra, la grimpeuse Sasha a décidé de se vider la tête en s’adonnant à son activité préférée : le sport extrême. Sur place, un garde forestier l’avertit d’une série de disparitions dans la région. Cette information n’est pas sans importance, on s’en doute. Elle vit ensuite un moment tendu à la station-service du coin avec un petit groupe de chasseurs bourrins et machos qui la chahutent un peu. Mais Sasha ne se démonte pas et part installer son campement dans un recoin sauvage et isolé. La première journée est paradisiaque. Sa descente dans les rapides en kayak, loin de la civilisation, se révèle particulièrement revigorante. Mais le paradis ne va pas tarder à se transformer en enfer…

Randonnée pour un tueur

Le protagoniste étranger qui se jette dans la gueule du loup, en butte à des rednecks hostiles, est un motif que nous connaissons bien. De Délivrance à Razorback en passant par I Spit on your Grave, ce genre de confrontation ne nous est pas étranger. Son efficacité reste cependant intacte et installe efficacement un climat de malaise diffus. Lorsque se met en branle à mi-parcours la mécanique du slasher, l’une des sources d’inspiration majeures du film nous saute alors aux yeux, jusque dans l’emploi de l’arbalète meurtrière : Les Chasses du comte Zaroff. Car voilà Sasha soudain muée en proie dans un jeu sanglant qui s’apprête à mettre son endurance à rude épreuve. Un autre thriller primitif plus récent, La Rivière sauvage de Curtis Hanson, nous vient aussi à l’esprit. Et lorsque la psychopathie de l’antagoniste s’affirme enfin pleinement, c’est l’influence de Psychose qui affleure. Norman Bates n’est en effet pas loin. On l’aura compris, Apex croule sérieusement sous le poids de ses prestigieux aînés, et c’est l’une de ses faiblesses majeures. Ce qui ne retire rien à la mise en scène très solide – comme toujours – de Baltasar Kormákur, la pleine implication de Charlize Theron – qui ira jusqu’à se blesser sérieusement pendant le tournage –, la prestation très impressionnante de Taron Egerton et les superbes décors naturels australiens. Tous ces ingrédients ne suffisent pas à faire d’Apex un grand film, mais permettent au moins d’assurer un spectacle de qualité.

 

© Gilles Penso

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