L’ANTRE DE FRANKENSTEIN (1997)

Le monstre de Frankenstein, des vampires et des loups-garous s’entrecroisent dans ce téléfilm conçu comme un hommage aux Universal Monsters…

HOUSE OF FRANKENSTEIN

 

1997 – USA

 

Réalisé par Peter Werner

 

Avec Adrian Pasdar, Greg Wise, Teri Polo, CCH Pounder, Peter Crombie, Miguel Sandoval, Jorja Fox, Richard Libertini

 

THEMA FRANKENSTEIN I VAMPIRES I LOUPS-GAROUS

Imaginé comme une version moderne de La Maison de Frankenstein d’Erle C. Kenton, ce téléfilm de trois heures, diffusé à l’origine sur NBC pendant un week-end d’Halloween, n’entretient en réalité que peu de rapports avec les classiques d’Universal, si ce n’est qu’il met en scène le monstre de Frankenstein, des vampires et des lycanthropes. « L’Antre de Frankenstein » est le nom d’une boîte de nuit de Los Angeles dirigée par le richissime Crispian Grimes (Greg Wise). Celui-ci est un vampire qui sème la terreur la nuit en accumulant les victimes, au grand dam de la police et notamment du détective Vernon Coyle (Adrian Pasdar, héros de la série Profit) qui mène l’enquête. Les médias ont tôt fait de baptiser ce mystérieux assassin « le prédateur de minuit ». Grimes emploie d’autres vampires, ainsi qu’un loup-garou, et parvient à dénicher le corps du monstre de Frankenstein, conservé intact dans un bloc de glace. Ranimé, le monstre s’enfuit et se met à errer sans but dans la ville. Interprété avec subtilité par Peter Crombie, celui-ci s’assimile alors à un sans-abri anonyme, que les passants ne s’étonnent pas outre mesure de croiser dans les rues malgré son visage couturé de cicatrices et au front orné de plots métalliques.

Le scénario s’amuse alors à cligner de l’œil vers deux scènes mythiques de Frankenstein et de La Fiancée de Frankenstein : la rencontre avec le vieil aveugle, et celle avec la petite fille. Cette vision pathétique de la créature est intéressante, même si elle se prive de tout le potentiel horrifique inhérent habituellement au personnage. Crispian Grimes, lui, se transforme régulièrement en créature ailée mi-homme mi-chauve-souris, via un maquillage efficace créé par Greg Cannom, qui se contente ici de reproduire quasiment à l’identique celui qu’il avait conçu pour le Dracula de Francis Coppola. Quant au loup-garou, il est abattu d’une balle d’argent, mais a le temps de contaminer la belle Grace Dawkins (Teri Polo) dont va s’éprendre le détective Coyle.

Métamorphoses à répétition

Au détour du casting, on découvre quelques futurs visages familiers du petit écran, notamment CCH Pounder (The Shield) en éminente anthropologiste aux connaissances encyclopédiques, et Jorja Fox (Les Experts) en colocataire de la blonde héroïne. Les métamorphoses des monstres, nombreuses, assurent le service minimum, c’est-à-dire de simples morphings à répétition. Quant à la vision nocturne du vampire Grimes, elle est reconstituée par un hideux effet vidéo dénaturant toutes les couleurs. Compositeur de la musique feutrée de Bound, Don Davis signe là une partition flamboyante, entremêlant l’orchestre symphonique et les chœurs avec une emphase qu’on aurait aimé retrouver dans le film lui-même. Or si les allusions aux « monster movies » d’Universal sont nombreuses, cette Antre de Frankenstein dissimulant mal ses moyens de téléfilm est surtout articulée autour d’une enquête policière au rythme un peu lent. D’autant que la mise en scène de Peter Werner manque singulièrement de panache, d’esthétisme et de folie pour succéder aux œuvres mythiques de James Whale et Erle C. Kenton. Dommage, car l’initiative était plutôt réjouissante.

 

© Gilles Penso


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