

Deux lycéens découvrent dans le sous-sol de leur établissement une cachette abritant un armement futuriste d’origine extra-terrestre…
ALIEN ARSENAL / TEENAGE ALIEN AVENGERS
1999 – USA
Réalisé par David DeCoteau
Avec Josh Hammond, Danielle Hoover, Michele Nordin, Krisztian Kovacs, Jerrod Cornish, William Vogt, Riley Smith, Dominic Catrambone, Stephanie Mennella
THEMA EXTRA-TERRESTRES I SAGA CHARLES BAND
Le sympathique Rayon Laser de Michael Rae, gros succès dans les vidéoclubs malgré ses qualités toutes relatives, aura fait plusieurs émules tout au long de la carrière de producteur de Charles Band. Ainsi, après Le Jeu du tueur, un semi-remake réalisé dix ans plus tard par Michael Miner, David DeCoteau propose à son tour sa propre variante avec Alien Arsenal. S’ils diffèrent dans leurs péripéties, les trois films reposent sur le même point de départ : un jeune homme marginalisé découvre un armement futuriste aux pouvoirs de destruction spectaculaires et décide de s’en servir contre ceux qui l’ont brimé, quitte à voir sa personnalité s’altérer. Très amateur du premier Rayon Laser, DeCoteau tient tout de même à proposer un scénario original offrant de nouveaux rebondissements. Alien Arsenal (connu également sous le titre alternatif Teenage Alien Avengers) s’intéresse ainsi à Ralph (Josh Hammond), un jeune geek qui se fait régulièrement harceler et racketter par les brutes du lycée. Fan de comic books, il rêvasse pendant les cours en dessinant des super-héros, est secrètement amoureux de l’inaccessible Felicia (Michele Nordin), cheffe des cheerleaders en couple avec le capitaine de l’équipe de football, et ne peut se confier qu’à sa meilleure amie Baxter (Danielle Hoover).


Un jour, alors qu’ils sont en corvée de nettoyage dans le sous-sol du lycée, Ralph et Baxter découvrent derrière un vieux mur de briques une porte métallique qui coulisse pour révéler une cache secrète d’armures et d’armes extraterrestres. Les deux lycéens prennent rapidement la mesure des incroyables pouvoirs de cet arsenal hors-norme (un canon ultra-puissant, un pistolet téléporteur, des jumelles à rayon X, deux armures de combat sophistiquées) et décident de s’en servir pour corriger les lycéens qui leur ont causé du tort et les ramener dans le droit chemin. Mais un tel pouvoir ne risque-t-il pas d’avoir une influence incontrôlable sur leur comportement ? Et que se passera-t-il lorsque les propriétaires de ces « jouets » très dangereux viendront sur Terre pour les réclamer ?
Un petit air de Robocop
Les extra-terrestres prennent ici la forme d’acteurs portant des masques volontairement excessifs créés par David Barton (Leatherface, Tremors, Darkside). Le résultat est amusant, même s’il n’a évidemment pas le même impact que les créatures en stop-motion de Rayon Laser. D’autant que ces aliens prennent très rapidement une apparence humaine bien peu discrète, à mi-chemin entre les looks de Terminator, Depeche Mode et Billy Idol (cheveux blonds peroxydés, blouson de cuir et lunettes de soleil). Les combinaisons qu’empruntent Ralph et Baxter pour jouer les super-héros, elles, ressemblent à des versions bon marché de l’armure de Robocop. Ça ne manque pas d’ironie quand on sait que Michael Miner, réalisateur du Jeu du tueur, est le co-scénariste du film culte de Paul Verhoeven. Alien Arsenal souffre de son manque de moyens flagrant (des décors minimalistes, des accessoires qui sentent le bricolage, des images de synthèse sommaires) mais essaie manifestement de prendre son sujet suffisamment au sérieux. Ainsi peut-on lire en filigrane de ce scénario farfelu une description du mal-être des adolescents, en quête désespérée de popularité, prêts à tout – même à trahir leur propre personnalité – pour plaire aux autres. Et tandis que Ralph menace de se muer en l’une de ces brutes qu’il déteste tant, son amie Baxter (un rôle écrit initialement pour un garçon) joue les Jiminy Cricket s’efforçant de le ramener à la raison. Contrairement à Rayon Laser et Le Jeu du tueur, DeCoteau nous offre ici un vrai happy end, le film se destinant manifestement à un public un peu plus jeune que ses deux prédécesseurs.
© Gilles Penso
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